La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

û26 LA REVUE SOCIALISTE De Leroux: une Danseuse en bronze au corps bien proportionné et bien dressé sur le bout de ses petils pieds; toute prête à s'élancer. De Baffur: un Ja1•dinier très nature; conviendrait mieux comme statuette que comme statue. La peinture au Champ-de-Mars ne laisse pas que de surprendre la vue. Evidemment, le reflet tient ici le haut du pavé; il a des audaces à nulle autre pareilles. La surprise vous arrache à chaque instant des exclamations. Il est évident qne la Vision de /emnie,deBesnard, a fait beaucoup de petits; seulement cette grande dévergondée en a eu de toutes les couleurs I J'accorde aux artistes que tous les reflets, comme tous les goûts, sont dans la nature. l\lais est-il bien nécessaire de produire en art, des expériences qui relève:nt de la science, et qui font ressembler les personnages à des échappés de la l\Iorgue. Oh! les hommes rouges, les femmes vertes au pompadour (reflet des fleurs), qui nous en débarrassera I La nature n'agit point aussi brutalement; quand elle est embrasée par les feux du couchant, elle colore le paysage avec un éclat fulgurant, qui n'exclut ni la transparence, ni la gradation, ni le fondu des tons. Ce n'est pas le reflet que nous proscrivons, ce n'est pas le procédé que nous blâmons, c'est la manière de l'appliquer. Une excellente toile de Rafaëlli, les Vieux Convalescents. Au fond la maison de refuge ; sur le premier plan les vieillards dont l'expression, triste et fatiguée, est en harmonie avec la pose. Les groupes sont bien formés, l'ensemble d'nn ton grisaille, qui rappelle la tristesse des maisons banales. Je voudrais un peu plus de gradation, dans le coloris; la teinte est trop conforme. Dans le même ton gris; La Soupe, de David Nillet; excellente étude. De pauvres ouvriers, groupés autour d'une table, se préparent à absorber leur maigre pitance ; ils ont l'air las et tristes. La femme, qui sert la soupe, est tragique dans ses haillons qui racontent sa lamentable histoire. Nous parlons des tons gris; actuellement, on pourrait parfaitement grouper les peintres par couleur ; beaucoup d'entre enx adoptant telle on telle nuance comme faisaient jadis les ·chevaliers pour leur dame, et n'en sortent plus. Quelques peintrrs voient tout en rose, d'autres en jaune paille, d'autres en bleu; la mode est au jaune orange et au panaché cette année; le vert commence à disparaitre; il y a nombre ,de paysagistes qui ne l'admettent plus. La nature le conserve par tradition. • Le maitre de céans, Puvis de Chavanne, nous donne l' Hiver, panneau décoratif pour l'Hôtel-de-Ville de Paris. Je préfère de

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