008 LA REVUE SOCIALISTE Cette année-ci, la démonstration du 1er mai garde encore son caractère parifique de fraternité universelle. Mais le 1er mai aura-t-il toujou1·s re raractère rassurant pou1· l'oligarchie bourgeoise et les anciens marchands d'habits et ramasseurs de bouts <lechemins de fer qui composent la féodalité financière? - Evidemment non. Chaque année le mouvement de pression sur les classes ùÎl'igcantes deviendra de plus en plus menaçant, à moins que les résistanrcs de la légalité bourgeoise aillent en s'amoindrissant. Bref, le jour des huit heures, c'est, gràrc au sens éla1·gi qui lui a été ,lonné a·1 Co11grès <le Bruxelles, l'incitation donnée aux prolétaires rie se grouper hâtivement en syndicats solidaires. Aux socialistes d'avoir à s'uni1· de plus en plus et à se discipliner; c'est enfin et surtout, la société nouvelle, qui s'annonce, avertissant l'ancienne <le ~a prochaine disparition, et lui posant à son tour le fameux dilemme: Re r.lformer ou pérÎI'. A. \'ÉnER. Des conditions du Tn1.vnil. li y a rles limites physiologiques que lP. travail hnmain ne peut impunément franchir; la nature humaine a également des besoins intellectuels et moraux dont la méronnaissancc est une cause permanente de dégénérescence sociale. Il est donc juste et nécessaire que la collectivité intervienne pour fixer au travail physique une borne qu'il lui soit rigoureusement inttordit de <lépasser. Il en est de même pour le traYail des enfants et des femmes, pour l'observation des mesures d'hygiène, etc. Ces questions sont d'intérêt gcnéral et supérieur; il appartient à la nation entière, par elle-même ou ses représentants, de les résoudre. Mais toutes les industries ne sont pas également pénibles, toutes ne subissent pas les mèmes nécessités nationales ou internationales au même degré ; c'est iri que les organisations ouvrières et patronales ont à intP1·venir par leurs Chambres de conciliation et d'arbitrage, leurs Conseils de l'industrie, etc., pour appliquer à chaque industi-ie les conditions les plus convenables au point de vue de la rlurée de travail, bien entendu dans les limites fixées par la loi générale. L'autorité centrale peut fixer une limite fixe et absolue, les associations particulières sont seules aptes et compétentes pour donner. dnns la mesure de cette limite, les applications mobiles et variées nécessitées par J0 s diverses industries, dans les diverses régions, suivant des circonstances continuellement modificatrices. Ces multiples transactions et réglementations nécessitent évidemment la représentation la plus exacte possible de tous les intérêts tant ouvriers que capitalistes à tous les degrès, dans toutes les assemblées, depuis le Conseil de l'industrie jusqu'à la grande Chambre centrale du travail. Comment pouvons-nous, en etfet, sans injustice et sans déraison, exiger que nos confits économique,s et autres se terminent à l'amiable et transactionnellement, si toutes les parties intéressées ne sont pas appelées à participer à leur discussion et au contrat qui doit en résulter. Il est inrlispensable, en dernier lieu, que ces parties elles-rn,',mcs soit sumsamment éclai1·ëes sur la natu1·e des intérêts qu'il s'agit de peser et de concilier. Les Bourses du tt·avail, surtout des Bureaux du travail, et enfin le ministèr~ du traYail - où sui· t:>utes ces questions souvent si obscures, et par
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