(( LA MANIFESTATION DU PREmER ~!AI )) 607 -de dissiper, en rétablissant nettement, par notre attitude, la signification réelle de la grande démonstration populaire internationale. La Fète du Travail est une Pàque socialiste, réunissant dans une communion unh·erselle tous ceux qui souffrent ou qui espèrent un avenir de paix et de justice sociales, meilleurs que le monde d'iniquités et de privilèges actuel. Cet avenir, nous entendons le préparer en faisant de la République l'instrument des réformes sociales les plus indispensables. Le Congrès ouvrier de 1889, véritable Parlement des Deux-Mondes, a énuméré les réformes dans un programme devenu la plate-forme revendicatrice unique des ouvriers de tous les pays. En restant sur ce terrain des revendications économiques, contre lesqucles la classe possérlante ne peut théoriquement élever aucune objection valable; en dédaignant de répondre aux pl'Ovocations de droite et de gauche qui ne manqueront pas de se produit·~ pour faire dévier la manifestation de son but réel ; en affirmant avec éclat, les articlrs du programme élaboré par le Congrès de 188<J-, nous ferons plus, pour le triomphe de nos idées et le réalisation des améliorations par nous pom·suivies, que par une démonstration bruyante, si forte fùt-elle, même dans une période moins troublée que dans la période actuelle présente. Il faut, en un mot, que notre attitude déjoue le piège grossier qui nous est tendu, et qu'elle laisse à ceux qui les ont escomptés à l'avance, la respon- .sabilité des troubles qui pourraient survenir ce jour-là. Ot.:STAVE ROUA!<ET, Conseiller Jfunicipal cle Paris. Pâque ouvrière La « poussière socialiste » a su se coaguler suivant ses affinités propres, -chacun restant là où le portait le courant naturel de son tempérament. i\Iais personne ne manque de communier à la Pàque ouvrière créée par le peuple au nom de la fraternité internatiouale. Le l" Jllai, la démocratie socialiste rappelle aux gens des partis conservateurs de toutes les nations sa parfaite communion d'idées, sa force d'organisation et son unité d'action. Et l'internationalité, tant 1·eprochée, de la Manifestation, est justement une garantie d'humanité large, une promesse de civilisation supérieure. En attenrlant le remplacement du capitalisme par le collectivisme,en attendant la suppression du mode actuel de production et de la répartition des produits, en attendaut la soumission ou la démission de la bourgeoisie, la lutte pour la journée de huit heures est une première étape vers la révision des lois existantes de la propriété. En effet, le travail n'étant pas le but, mais le moyen, le véritable but restant la plus courte joumée avec la plus haute rémunération, il est certain que l'on ne s'anètera pas à la journée de huit heures, et que progressivement, la société se rapprochera de l'organisation scientifique de la production et de l'abolition du salariat. Sans cesse, l'on s'en va répétant: « Il faudrait pour la solution des questions ouvrières, une législation internationale, une entente impossible entre les différentes nations ... » Yoilà, précisément pourquoi l'entente internationale, la pression internationale des travailleurs s'affirme le l•' Mai.
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