LA REVUE SOCIALISTE que Groslin ont peu de chance de trouver des imitateurs. li est admissible encore qu'il ne suffirait pas de trouver une grande fortune au service d'un cœur généreux, pour résoudre la question sociale, ma:s ce que ne veulent ou ne peuvent (surtout ce que ne peuvent, j'en ai la conviction, les individualités), la collectivité en a le moyen. Le vouloir d'une collectivité obtiendra plus et mieux que le vouloir d'une Véronique Groslin la fertilisation d'une plaine aride commecelle de Montegnac. M. [ulien Lemer a noté, dans le Médecin de Campagne, diverses considérations de Balzac sur la liberté des échanges entre nations, sur la nécessité de donner une plus grande solennité au mariage civil, - je dois ajouter que personnellement j'ai remarqué, en outre, quelques observations fort intéressantes sur les écoles gouvernementales, - dans le Médecin de Campagne - et sur la peine de mort dans le Curé de Village. Encore que Balzac déclare la peine de mort le grand soutien des sociétés, et qu'il considère le Dernier jour d'un Co11da11111é comme unesombre élégie, un inutile plaidoyer, il fournit une réfutation suffisante de la peine capitale dans cette phrase du Curé du Village . . . . . . Le meurtrier tue pour supprimer un témoignage ..... Ce calcul qui détermine presque toujours les assassins à augmenter le nombre de leurs victimes, est un malheur engendré par la peinecapitale qu'ils ont en perspective 1 Et à cette réflexion incidente de Balzac lui-même on peut rapporter cette phrase qu'il fait prononcer à Véronique Groslin (Ibid. page 554) : ,< Le vol a engendré l'assassinat par la fatale logique qu'inspire la peine de mort aux criminels.» Le Curé de Village abonde comme le Médecin de Campagne, en constatations de ce genre. Et voici ,une pensée de Balzac, d'un absolu et pur socialisme. cc 11est inouï qu'on se plaigne de l'ascension constante des masses. populaires vers les hauteurs sociales,et qu'un gouvernement n'y trouve pas de remède, dans un pays où la statistique accuse plusieurs millions d'hectares en jachère dont certaines parties offrent comme en Berry sept ou huit pieds d'humus ( 1). Beaucoup de ces terrains qui nourriraient des villages entiers, qui produiraient immensément, appartiennent à des communes rétives, lesquelles refusent de les vendre aux spéculateurs pour conserver ledroit d'y faire paître une centaine de vaches.Sur tous ces terrains sans 0 destination est écrit le mot i11cap.1c1'/é. Toute terre a quelque fertilité ( 1) J"engage ceux qui veulent bien me suivre dans cette etudc à relire les pages cpnsacrées à la Propriétc, dans le premier volume du Socia/ismt btligral de Benoît Malon.
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