LA RE\'UE SOCIALISTE tique, se déclasse, et devient un véritable fonctionnaire. Etre député, ce n'est plus exercer une mission temporaire, lais~ant it celui. qui l'exerce sa per·sonnalité sociale: c·est un métier, et quel métier! Le pfre et Je plu~ servile de tous. Enlevé pour quatre ans à son milieu local, à ses occupations profession nellcs, et jeté ,'tParis dans un milieu d'agitation· factice et de corruption facile, livré à lui-mème, oisif, le député - commerçant, artisan, ouvrier - glisse bien vite, à moins d'ètre exceptionnellement trempé, dans une sorte d'inconscience et d'indifférence. Si l'on dem1rndait à la plupart de ceux qui, leurs quatre années écoulées, s'en reviennent au pays, ce qu'ils out fait là-bas. il pourraient répondr·e, en vérité, comme Si(•yès : « J'ai vécu. » Et cenx-là sont les plus honnêtes. Quant aux autres, que l'ambition, ou plus grossièrement le besoin de jouir, entrainent à des dépe11sesau-dessus Je leurs ressources, ceux-là ne tardent pas à tomber fatalement dans la p!us abjecte domesticité. Ils deviennent, crux-li, les applaudisseurs d'un ministre taré, les homme. à tout faire au service do la banque juive ou du journalisme vénal. Il en est mèrne qni, descendant jnsqn·au dernier degré de l'infamie, se font les rastaquouères dr cercles suspects. Quatre-vingts ou cent députés, deux ou trois cents, dans le cas ci-devant indiqué, qui, de même que les autres élns, conseillers municipaux, conseillers généraux, membres des Chambres de commerce, ne cesseraient pas d'exercer leur profession réelle, et que leur mandat n'appelerait à Paris qn·un ou deux mois par an (ne touchant d';iilleurs d'indemnité que pendant le temps effectif de leur session); ces députés, toujours en contact a1·ec leurs {•lecteurs, vivant au milieu d·eux, éloignés des antichambres ministérielles et des guichets sei:rets, ne pon rnn t plus compter pour Yivre ni sur le traitement parlementaire, ni sur les petits profits obscurs constitueraient, assurément un Parlernent infiniment plus apte à gérer la chose publique, et en même temps incomparablement plus intègre, plus incorruptible, que les Chambres issues de notre régime représentatif actuel. Je ne fais qu'indiquer ces réformes, point de départ de réformes plus profondes et pl us radicales. Mais, pour toucher au suffrage universel, il faut toute une procedure r6glée par la Constitution de 75. Il faudrait réviser cette Con:stitution. Cette Constitution, immortelle, comme toutes les Constitutions, bien qu'elle soit la vingt-sixième qui ait été essayée depuis cent ao s, elle est jugée par tous les républicains de boa ne foi comme profondément rétrograde dans son esprit et dans son texte. "'-
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