LE SUFFRAGE UXIYERSEL ET LA RÉ\'OLUTlO:'< SOCI.\LE 579 plus éclairé, plus juste, plus moral, que faut-il? Que les électeurs soient plus moraux, pins justes, plus éclairés. La question du suffrage universel se résout ainsi, en dernière analyse, en une question d'éducation morale et d'instruction. C'est pourquoi,au premier rang des revendirations sociales, les républicains dignes de cc nom placent l'instruction in tégralc, c'est-à-dire l'instruction à tous les degrés, depuis l'école primaire jusqu'aux écoles supérieures, offerte gratuitement à tous les enfants du peuple. :\lais en attendant que, gràce ù cette instruction largement répandue jusque dans les couches les plus profondes du peuple, . le suffrage universel ait acquis pleine conscirnce de sa valeur, de son pouvoir, de manière à exercer dignement sa fonction directrice et rég~1latricP, faut-il, JC le répète, sons prétexte que l'instrument n'a pas atteint son dernier degré de perfectionnement, le briser comme une arme inutile? Un profond politique l'a ::lit: « On ne Mtruit que cc que l'on remplace. » Or, par quoi remplacer te suffrage universel? Eu dehors de lui, je l'ai déjà dit, il n'.r a que la dictature absolue ou l'absol ne anarchie. Le socialisme répudie l'une et l'autre de ces solutions rétrogrades. Le socialisme qui a rompu avec les déclamations et les mots creux, sait très bien que l'institution du suffrage universel, qui consacre l'égalité des droits politiques· des citoyens, implique fatalement l'égalité de leurs droits économiques. A ce titre, le suffrage universel est une conquête précieuse, qu'il faut <léfendrc et conserver à tout prix. Il faut le prendre tel qu'il est, avec ses imperfections incontestables, ses vices manifestes, et s'efforcer de s'en servir pour le mieux. Les classes dirigeantes l'ont, jusqu'à ce jour, employé comme lrur instrument de règne. Il appartient aux classe., dirigées de s'en emparer à leur tour, pour conquérir le pouvoir. Le suffrage universel, c·est le nombre. Or, les travailleurs, les salariés, urbains et ruraux, sont le nombre. Quand ils voudront ils seront le droit. Mais il faut qu'ils sachent Youloir. Le Tiers-Etat, à la veille do ta Révolution, légalement était à peine quelque chose; le lendemain, il était tout. De même, cc Quatrième-Etat, dont nous saluons l'aurore, et qui n'est rien aujourd'hui, sera tout demain, sïl parvient ù. s'organiser, à se discipliner, par la création de ses syndicats, et _par IE'ur fédôration.
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