La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

LU:-.DIS SOCIALISTES Les Nations constituent un ensemble de Républiques fédérées et ~Iles se gardent de négliger les intérêts planétaires. A cet effet, l'administration apporte tous ses soins à l'organisation des travaux publics. Dal's chaque région on a créé des Armées agricoles et i11d11slrielles, qui s'en iront, fondant des villes, perfectionnant les cultures, défrichant, assainissant, embellissant, améliorant partout où besoin est, et faisant du Globe le séjour fécond et enchanteur de populations innombrables. {Encore une conception que Fourier a faite sienne, sans citer Morelly : <' quand le génie pille il égorge», a dit Rivarol.) L'éducation est commune, toute expérimentale et sans intervention de la vanité; elle est professionnelle pour les enfants des deux .sexes, à partir de l'àge de dix ans. Le m;.riage doit être encouragé à partir de dix-huit ans pour les jeunes hommes et de quinze ans pour les jeunes filles. li est obligatoire pour dix ans ; après. le divorce est facultatif. Les mères allaitent leurs enfants qui restent dans la famille, jusqu'à l'âge de cinq ans ; .après cet âge, ils sont élevés en commun. Courtes séances de travail (six heures environ). repos public tous les cinq jours et en outre fêtes civiques nombreuses. Pressé par l'espace, nous devons négliger une belle démonstration de l'inéluctabilité de la solidarité humaine, qui est la partie la plus -Originale et la plus remarquable du Code de !ti 11a/11re. Il aurait aussi fallu énumérer les nombreuses réformes de détails dont quelques-unes furent adoptées par la Convention, (comme par exemple le fut le sys1ème métrique sur la proposition de 13ertholet, Lagrange, Brisson, Borda et Prony), pour bien faire ressortir le caractère particulier de l'œuvre de Morelly. Nous aurions ainsi été amenés à compléter les propositions de Morelly par celles de l'abbé Mably qui dans les e11/re/ie11dse Pbocio11s, Les Doutes sur /'Ordre 11a/11redl,·s Sociétés, les Ds'Wirs des Cilo_yensel le Trallé de législatio11s, est entré plus avant dans la pratique et a jeté ainsi les bases du communisme politique que nous verrons s'affirmer terriblement dans les dernières luttes de la Révolution Française. Au moins nous ne clorons pas ce chapitre sans signaler une coïncidence curieuse qui d'ailieurs entre pleinement dans notre sujet. Pendant que l'instituteur français Morelly adaptait l'ancienne idée -communiste à la critique philosophique de son siècle et l'enrichissait de géniales conceptions économiques, l'instituteur anglais Spense fondait, en Angleterre, un parti communiste, auquel il donnait une constitution idéale, qui n'est pas sans mérite. Spenso11i.i est une République unitaire. La propriété foncière y est inconnue; toutes les terres y .appartiennent à l'Etat. Le pouvoir législatif est exercé par un Parlement annuel, élu par le suffrage universel; les femmes jouissent des droits électoraux au même titre que les hommes. Un conseil de vingt-

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