558 LA REVUE SOCIALISTE -<, aux temps des apôtres. Aux moins forts, les moins durs travaux, -<• et à chacun dans la hiérarchie sociale des fonctions conformes à ses ,< aptitudes. Toutes les fonctions étant également honorées et n'abou- -« tissant à d'autre différence que celle des devoirs, absence d'orgueuil « dans le commandant et obéissance volontaire. Dès lors, aussi, nulle -« prise pour les brigues, pour la cupidité, pour les rivalités haineuses, -<, pour les sordides ambitions. C'était la famille agrandie. (Histoire de ,< la 'l?J:volutio11, - 11ote.fi11aledu premier voliune, - par Louis Blanc). Qu'elle vienne d'Alexandrie ou de Gallilée, d'exégètes initiés ou <le pauvres prolétaires, transfigurés par une personnalité supérieure la poussée religieuse qui s'inspirait de tels principes et inspirait de tels actes est par bien des côtés sublimes. Mais cet évangélisme est vaincu depuis plus de trois siècles et s'il peut encore produire de temps à .autre un Tolstoï et animer, notamment dans le protestantisme libéral, quelques groupements de réformateurs,modérés,mais actifs et sincères, ,il n'est plus en son pouvoir de passionner les foules; son dogmatisme fermé s'y oppose. Or l'évangélisme épuisé, que reste-t-il de ce qu'on a appelé la fraternité chrétienne? Le christianisme officiel est, nous l'avons vu, forcément hostile .aux novations intellectuelles politiques et économiques qui l'attaquent dans son essence en effritant son dogme. Et c'est bien ainsi que les choses se passent. Même en ce moment où, guidé par un pape habile, libéral et même conscient, semble-t-il, de quelques-unes des nécessités sociales de notre époque, Je catholicisme ose rêver la tutelle des classes ouvrières, son socialisme ne va pas au-delà de la réglementation du travail, cet article premier des programmes socialistes et de la constitution d'un patronat confiscateur <le toutes les libertés intellectuelles et morales du travailleur. Voilà tout ce que peut offrir le catholicisme déclinant ( 1) aux déshérités à un moment où, selon l'expression de l'un des siens (le -chanoine Winterer) « le monde entier porte son attention sur ce qui va se passer. li est saisi d'une agitation immense, il se demande avec ( 1) Déclùt311/, rlira•t•on, ou moment où il reconquiert les classes dirigeantes françaises, oll il gouverne la Belgique, est devenu une puissance en Suisse. s'est fait l'arbitre des initiatives politiques en Allemagne ? Déc/ùran/ au moment où il fait reculer le protestantisme en Angleterre et aux Etats-Unis, pendant qu'il garde toutes ses positions en Italie, en Espagne, en Portugal et dans l'Amérique du Sud ? Nous maintenons pourtant le mot. Le paganisme était déclinant, lorsque, rendant compte à Trajan de son enquête sur les progrès du christianisme abhorré, Pline le Jeune disait : « Jamais les Dieux de l'empire n'ont été si universellement honores; jamais nos temples n'ont ëté si remplis; jamais les sectateurs des divagations orientales n'ont étC si éloignés du triomphe ». Tout cela ét,It factice : le fümbeau de l'ancienne religion jetait un dernier éclat avant de s'éteindre. Il en est de mèmc aujourd'hui, ranalogie est co:-nplète.
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==