La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

LA DÉPOPULATIO:'I' DE LA FRAXCE 51 -économie, c·est une question sociale an pr<'mier ch<'f. - .l'allais dire: c'est la question sociale. ~lais, au fond, tous les problèmes, aussi spéciaux, aussi restreints qu'ils paraissent - problèmes de morale publique, domestique ou privée, problèmes de gouvernement, problèmes <leiégislation, problèmes économiques - ne $Ont-ils pas r.ommc des branches dépendantes de la mèmc souche : la science sociale? C'est en vain qu'on essaierait d'isoler l'étud(' d"un phénomène quclconqnc de la Yic individuelle m, collectiv<', pour l'examiner <'Il soi. abstraction faite de ses tenants et aboutissants. Cc serait une entreprise analogue à celle d"un médecin qui, voulant rechercher les causes des mouYements du cœur, ramputcrait d"abord dn corps auquel il appartient, pour l'examiner plus il !"aise dans son cabinet de travail. Au lieu d'un organe vivant, duquel les phénomènes sont intimémcnt liés à ceux des autres organ<'s dont !"ensemble constitue l'élre, le praticien n'aurait plus devant lui qu'une chose inerte, un mor- -ceau de chair à peu près insignifiant. C'<'st, à mon gn'.-, une tendance fùchense que C<'lledes sarnnts mod<'rnes à fractionner en morc<'aux séparés les !>ixgrandes scirnces entre l<'squelles se ré5>artit !"étude général<' du monde et de l'homme. l\lais que dire de cettr prétention plus étrange encore d(• se tailler dans une de ces sciences un petit compartim<'nt spécial, d<' s·y enclore avec un soin jaloux, et de donner à ce lopin ain,;i isolé un nom pompeux ordinairement terminé <'n : LOGIE, le consacrant dé,;ormais ù l'état de science distincte'? C'est par Jà que se trouve si singulifrrmrnt stérilisé<', en tout cas si cntraYéc, la Sl'nlc étude, Yéritablemrnt décisiv(', ~oncluante et féconde : !"étude gt·nérale Jc'S lois et pl1énomènes sociaux. c"t,st par IA qur, malg-rù lïntinie· multiplication des thèses, tirant chacune de son cùté, 11011aspprochons si pèniblement rt si leutem<'nt, de cc carrefour commun oit, cependant, tontes les thès('s doiYcnt aboutir: la synthès(' total<'. A'est-il pas Yéritabl<'ment ('Xtraordinnire que nous ayons, en France, d('s chnir('s officiell('s pour tontes lrs g-ran<lcssciences préparatoirr;;: astronomie, mathématiques, physique, chimi(', biologie; et encore d'autres chaires pour quantiU• de sections spéciales, dérivées<](' chacune de c-cssciences. et qu(' nous n'en possédions ras une seule qui ait p,iur objrt la scienc(' dernière qui le résorbe toul('s, qui est en quelque sorte leur aboutissant normal, la f]('ur mi-éclose dont ('!lrs nr sont qur lrs boutons? Cc n'est pas d'hier, on Ir sait, que le phénomène de la dt'.-roJ)Ulation de la France a prO\·oqué l'alt('ntion de nos saYanls_ Voilit plus d'un d('mi-siècle qu'ils en discutent cntr'cux. Mais

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==