La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

UNE COXCEPTION EXPÉRDIE:-ITALE DU ~!ONDE Pl!YSJQCE 531 -excellemment le docteur J. Pioger, << la propriété commune que « présentent tous les corps de tomber sous nos sens directement « ou indirectement» et par suite « à quoi bon raisonner comme {< si cette propriété était quelque chose de réel, comme si elle « pouvait exister en dehors du fait de notre perception. Notre -« aillrmation, notre croyance en la matière vise notre sensation, « notre état de conscience résultant du rapport des corps exté- « rieurs avec nous-mêmes. » C'est ce simple rapport et non une vérité absolue, et non une connaissance des choses en ellcsmèmes, c'est cette seule relation entre les corps physiq nes et notre propre organisme qui constitue la vérité expérimentale. Ces rapports avec notre orgauisme deviennent tous les jours plus parfaits. plus complexes, par la découverte de moyens d'investigation qui s'ajoutent à nous comme des sens auxiliaires, et nous permettent de faire pénétrer dans notre intelligence une plus riche moisson de sensations et de perceptions. Au point de vue de l'expérience il n'y a aucune différence -entre ce que l'on a appelé l'esprit et ce que l'on a appelé la matière. Il n'existe que des phénomènes perçus et sentis les uns par les sens ordinaires, les autres par le sens interne, phénomènes dont la science a pour but de trouver les rapports de .similitude, de coexistence ou de succer,;sion, sciences physiques, biologiques ou sociales ne recherchant pas autre chose. Mais au-dessus de ces multitudes infinies de phénomènes, l'objectif de la science supérieure est de trouver la loi la plus eompréh('nsive du monde, c'est-à-dire le rapport le plus général qui existe entre les choses ou plus exactement entre nos percrptions des choses, le caractère commun que tontes possèdent malgré les différences apparentes. C'est là l'objet de la vaste synthèse que vient ùe tenter notre savant collaborateur pour lequel « toutes les forces de la nature tendent à s'équilibrer en « réagissant les unes sur les autres, à se grouper, à se soticla- « riser en doncant naissance aux phéno1nènes et apparences « du monde physique, am,si bien qu'aux hommes et aux « sociétés: C'est ce que nous appelons la loi d'equilibration et « la loi de soUd,zrité universelle ou solidarisme. » Le monde dit matériel, qu'il s'agit de comprendre et d'expliquer, est limité pour nous par la limite même de nos prrceptions. Or, nous ne pouvons percevoir, connaitre et même concevoir que ce qui peut être différencié. Un objet non différenciable par un caractère quelconque reste confondu, indistinct, 6chappe à nos sens et à nos investigations et par conséquent à notre pensée, car rien n'est dans l'intellect qui n'ait été préalablement in sensû. Là où cesse la différenciation non pas seulement

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