UXE COXCEPTION EXPÉRnIEXTALE DU ~[OXDE PlffSJQGE 52!) les objections et les critiques de minime importance qui peuvent lui rtre opposées. La théorie de la connaissance, le problème de la limite de notre faculté de connaitre est justement le point de départ et le fondrment de ce travail. C'est, en effet. le préambule obligé de toute spéculation ùe philosophie scientifique; car il importe avc1nt tout de savoir si robjet de notre recherche n'est pas vain, si la question posée n'échappe point à la prise de notM intelligence et nC'doit pas être tenue pour insoluble. CettC'critique de !"entendement humain, nous parait être la grande conquête de la philosophie moderne. C'est la vérité essentielle qui s'est dégagée peu à peu du travail, de la pensée abstraite. Après les philo5ophes qui ont cru pouvoir atteindre du premier coup la connais ance absolne du monde en soi, d'autres ont appliqué l'analyse à l'étude de lïntelligence humaine et déterminé la portée, la puissance de l'instrument de la connaissance et les limites de son action. Aujourd'hni, matérialisme ou idéalisme sont également des doctrines hypothétiques, métaphysiques,impliq uant la notion d·une existence absolue quelconque qui n'est conditionnée par rien, déterminée par rien et qui échappe à toute démonstration expérimentale. Ces c-onceptions qui peuvent séduire quelques esprits à titre d·explications pla11sibles des choses, ce sont des tentatives impuissantes pour franchir l'Océan de !'Inconnaissable qui nous enserre de toutes parts; mais entre elle et la philosophie scientifique, fondée sur la rigoureuse expéi-ience des faits, il n'y a rien de commun. Le monde extérieur ne nous est conuu <•tne peut nous ôtre connu que par nos sensations, par les modifications qu'il imprime à notre moi sentant. Toutes les notions que nous avons acquises sont donc relatives à nous, et si elles nous renseignent, ce n'est pas sur le monde tel qu'il est en lui-même; mais sur le monde tel qu'il nous apparait. Ainsi, il n'y a rien de plus complètement distinct dans notre vie sensitive que les sensations de chaleur, de lumière, de son. Et cependant le son n'existe pas en dehors de nous, la nature ne contient que les vibrations de l'air; la lumière n·existe pas, il n'y a que les vibrations de l'éther; la chaleur n'existe pas non plus. Le son et la lumière résullent de la combinaison entre un je ne sais quoi d'extérieur, vibration ou ondulation probablement, et nos sens de la vue et de l'ouïe. Entre le phénomène tel que la science nous le fait connaitre et l'apparence sous lequel il se présente à nous, il existe une différence énorme. Depuis Démocrite d'Abdère qui a dit: « C'est dans l'opinion qu'existe le doux, dans ropinion <(l'amer, dans ropinion le chaud, dans ropinion le froid, dans 34
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