La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

U1'"E COXCEPTION EXPk:Ril\lENTALE DU MONDE PHYSIQUE 527 UNECONCEPTIEOXNPÉRIMENTALE DUMONDPEHYSIQUE La profession médicale, à cause des études préparatoires qu'elle exige et aussi par la nature même du mode d'activité pratique qu'elle comporte, a le très grand avantage de prédisposer à une large curiosité intellectuelle, à l'observation réfléchie et :subtile, à une sorte de sollicitation permanente vers les plus vastes problèmes et les plus compliqués. Le médecin instruit en .anatomie et en physiologie nerveuses, habitué à voir tant de troubles moraux et mentaux succéder aux maladies, porte toujours en sa pensée la curiosité et même l'inquiétude des problèmes de psychologie scientifique qui ont acquis de nos jours un intérêt souvent si poignant (travaux de Charcot, Luys, Binet, Féré, Ch. Richet, de Bernheim, des aliénistes, travaux sur l'hypnotisme, l'hystérie, l'aphasie, etc ... ). Il a bu nécessairement à ces troublantes théories de la science générale, l'unité -desforces physiques qui, sous la fantasmagorie changeante des apparences, ne sont que des modes de la $eule ondulation ou vibration, leur équivalence, leurs transformations les unes -dans les autres et dans le monde biologique, l'évolution: le transformisme, l'hérédité, l'atavisme. Il fuit volontiers dans la région des hautes conceptions d'où l'esprit plane étonné au-dessus de la cohue en apparence désordonné des phénomènes, dont il comprend enfin l'ordre et la loi. En même temps, le praticien -cherche à saisir dans des problèmes de tous les jours la variabilité fuyante des faits pathologiques, qu'il est si difficile d'étrein- -dre en une règle unique, la complexité des manifestations de la -viechez un être comme l'homme contemporain et il s'imprègne,

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