La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

THI,;LJb!ITES DE RABELAIS ET IIARMO;\"lEXS DE FOURIER 515 Chacun de ces hommes représente un microcosme de forces et de facultés diverses. La société qui embrasse cet ensemble, nous offre une multitude de forces variées attendu ,qu'elle a besoin d'une foule de fonctions diverses. C'est tout un vaste monde à ordonner. Comment s'y prendre? Ecoutons la 11ature ei obéissons à ses lois. Voyez l'enfant. Quelle activité prodigieuse! quelle curiosité toujours en éveil! quel mouvement incessant,jusqu'à ce qu'il s'endorme, pour renouveler ses forces ! c·est vraiment le spectacle de la vie humaine en miniature. L'enfant ne marche pas, il court, il bondit, il saute; il ne parle pas, il chante, il crie, il rit aµx éclats; il ne mange pas, il dévore à tout moment. Il fait tout avec passion. C'est qu'il a tant à faire! Il lui faut grandir, apprendre l"usage de ses sens, acquérir force notions premières très simples mais qu'il ignore. Cette première éducation se passe avec la mère, les bonnes, ceux qui aiment à amuser les enfants, l.esautres petits. Elle dure jusqu'à deux ou trois ans. Vers cet àge il faudrait déjà à l'enfant un champ d'activité plus sérieux et plus vaste, tel qu'en peut fournir la vie à la campagne, avec d'autres enfants. L'enfant nes'arrètejamais, il faut toujours qu'il soit actif et fasse quelque chose. Si on ne lui trouve pas une besogne utile, il cassera, il détruira, il gâtera, -parce qu'à tout prix il faut qu'il agisse. Il sent bien, et nous le montre, que la vie est action. L'enfant est très logique et avec lui on ne peut masquer la vérité. Yivre c'est agir, et plus on agit avec passion et enthousiasme, plus on ressent la vie, plus -on est heureux. . Le don de l'imitation, inné chez tous les enfants, est le Jllus général et plus utile éducateur de l'enfant. Tout l'étonne et attire son attention car il ne ~ait rien et il a tout à apprendre. Mais dans son entourage, ceux qui l'intéressent le plus ce sont -ceux qui, par leur àgr, foi tiennent de plus près. C'est ceux-là en effet qu'il peut le mieux comprendre et qu'il a l'espoir d'égaler. Il se dit qu'il fera aussi bien qu'eux, qu'il deviendra aussi habile et aussi fort. Le voilà lancé, engrené. Laissez-le faire, il ira loin et ne s'arrêtera plus. C'est avec joie qu'il entrera dans les rangs des travailleurs de diverses catègories, ou ses aptitudes le poussent.

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