THÉLÉMITES DE RABELAIS ET HAR~l◊1'1ENS DE FOüRIER 513 LESTIIÉLÉMITEDSE RABELAIS ET LES HARMONIEDNESFOURIER Rien n'arrrive que ce qui doit arriver, et voici ce qui arrivera dans les siècles des siècles. Déjà l'immortel Rabelais l'avait entrevu et en avait fait un croquis sous le nom d'Abbaye de 1hélème. La vision était juste, mais elle se produisait à la fin du moyen-àge, trop tôt· pour pouvoir présenter une consistance quelque peu solide. Aujourd'hui, à plus de trois cents ans dP.distance, après le XVIII• siècle et la Révolution Française, avec le progrès des sciences et leur féconde application à l'industrie, nous pouvons avoir de plus justes visées que Rabelais et compléter son rêve. Pour que l'homme soit heureux, que faut-il? Il faut d'abord qu'il se sente bien portant, qu'il soit libre d'agir selon ses volontés et que le milieu social lui permette de donner satisfaction à tous ses désirs et à tous ses besoins sans exception. Avec ces conditions l'homme se trouverait heureux, autant que le comporte sa nature; je crois que personne ne sera tenté de le contester. Pour que l'homme soit bien portant, il doit être sain de corps et d'esprit: sain de corps c'est-à-dire quïljouisse d'organes bien développés et bien équilibrés; sain d'esprit c'est-à-dire qu'il faut que ses facultés intellectuelles et morales soient aussi bien développées et équilibrées que ses facultés physiques. Ces conditions supposent une organisation sociale, ou le bien-être est largement assuré, où l'éducation de l'enfance soit 33
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