CADET ET LES IC.\RIEXS 1î dessous de leurs rciles, et qu'il n'ait enfin qu'un srul but: celui de faire ressortir la grandeur sublime de la penl:lée qui ouvre une ère nouvelle ù notre vieux monde. Je crois, qu"à !"heure actuelle, un Américain, historien comme Prescott ou ~Iootley, mais avec des vues plus larges, serait seul capable de rendre pleine et entière justice à la Révolution Jrançai e. sans s'inféoder à aucune de ses pPrsonnalités marqnant('S. L'esprit qni l'animerait serait celui de .\I. Beechcr (le frère de :\1 me Beecher Stowc,l"anteur de la Case de l'OncleTom), dans sa réparLie à Gladstone. Cc dernier au mi lien de la guerre du :-;ord contre le Sud, déplorait quïl n'apparut pas anx EtatsUnis quelque g-rand homme pour faire ce:aser une lutte fratricide.-"' Grâce soit rendue an Tout-Puissant», répondit le prédicateur Baptiste, « de n'arnir pas ajouté aux fléaux qui nous accablent le pl us grand (léau de tous: le flt'.-aud<'sgrands hommes! » - Yoilà la démocraLic Américaine; voilà la vraie démocratie I L'amou1· des sauveurs mène au Césarisme. Le Comité de salut public a faussé la Révolution française et frayé la voie à l'usurpation d'un soldai brnlal ! Le T oynge e,i Icarie parut dans celtr ann{•c dr 1810, où Cabet cribla de brochures les fortifications de Paris, sans d•nssir à les faire repousser par la Chambre. Le liYre eut du succès. Quelques-uns le lurrnt comme une imitation dr Tt·lémaqne mais d'autres lui attribnèreni lïmportancc sérieuse qu'il avait dans l'esprit de !"auteur. Beaucoup d'ou,Tiers adoptèrent cc roman comme l'érnngilc de la rénovation sociale: ils crnrrnt que le bien-être de tons n:tiLrait de l'abolition do la propriété indi vi- <luelle et que la France pouvait, du jour an lendemain, être transformée en une vaste: communauté. Dans leur r11thousiasmc, ils réclamèrent unr propagande plus acth·e de crllr d'un livre: ils drrnanclèrcnt la résurrcclion dn Populrt're, depuis longtemps suspendu, pour donner un organe périodique aux doctrines du Communisme Icarien. Comme le phénix, le journal renait de ses cendres en 1811, moitié politique, tel qu'il l'était exclusivement autrefois, moitié socialiste, ainsi que rrxigeaicnt les adhérents nouveaux. Cabet, expose, d'une manière claire et précise, sa profession de foi. Il veut, dit-il dans son prospectus, le i\Iariage et la Famille, l'exclusion des questions religieuses, un régime transitoire, la propagande sans société secrète, et la conccn tration sans concurrence, parmi lP-sassociés. Ce langage relativement modéré sonne mal aux oreilles d'un certain nombre de communistes, qui, rèvaient une réforme plus avancée, plus radicale, plus prompte. Au Populaire, ils opposent l'Ilu,nanUaù·e et
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