REVUE DE LA PRESSE 499 Trente-cinq mille fusillés en appellent à la postérité, non pour la ven- {.(eance,mais pour la justice. Cette justice sociale, elle vient lentement, mais sûrement. Le développement organique de la démoc,·atie répuiJlicaine aboutit à la transformation sociale que nécessitent ltls faits nouveaux et qu'exige l'équité. De même ~ue la civilisation ctcnd ses progrès sur tous les peuples, de rnème le socialisme compte des millions rl'arlhé1·ents dans tous les pays. Et le socialisme partout, c'est la paix partout, le travail et le bien-être pour tous. ART ET SOCIALIS~IE. M. Georges Lecomte consacre, dans la Revue de !'Evolution, quelques pages très intéressantes à la nécessaire réaction idéaliste tentée jadis par des écrivains et des artistes d'une incontestable valeur, réaction qui rn agonisant lamentablement -condamnée par ses propres excès. Brièvement, 11. G. Lecomte dit comment sous l'influence de jeunes et trop ardents adeptes l'idéalisme chuta en mysticisme et le symbolisme en incohérence. Plus longuement s'attarde M. Lecomte,\ l'examen de ce néo-idéalisme dans les arts plastiques. Les artistes, épris de formules qu'on voudrait nous présenter comme neuves alors que simplement exhumées du passé, ont-ils en eux-mèmes ces robustes croyances, ces sublimes enLhousiasmes, cette haute sincérité qui font les œuvres puissantes et originales 1 ~I. Lecomte ne le pense point. Donc sans grandeur, sans avenir,cette prétendue rénovation artistique, fatalement vouée aux puériles imitations, aux Jades recommencements, au" jeu vain des pastiches·•. Et pourtant !'Epoque ~Ioderne, comme toutes les autres, doit avoir son Idéal. Il n'y a pas d'art sans Pensée èominatrice. Les rac~s qui n'eurent point de hauts concepts ne sont point grandes pat· !'Art: Ainsi de l'islamisme. Mais ce n'est pas l'idéal des Temps accomplis qu'il faut faire ressu1·i;i1·du Passé, ce sont les tendances raracté1·istiques du Siécle qu'il faut ennsager pour en extraire la signification. La Foi chrétienne. quelque effort qu'on tente pou1· la galvanise1·, se meurt. Le LilJl'e Arbitre a deflnivement vaincu le Dogme. Les envolées mvstiques qui, çà et là, se manifestent ne sauraient prétendre à caractériser )es postulats de not1·e temps. ;\'ous n'a\'ons point J'out1·ecuidance d'assigner à notre Sociétë moderne un Idéal lJarticulier, ni de la dégager des multiples aspects de la vie contemporaine. a gé11é1"Ulisaiion sur ce point serait 1mpn1dente; il semble toutefois qui! bien au-dessus des religions ré,•élées et des métaphysiques, la croyance en l'individu en l'eflicadté de l'effort humain triomphe dans notre monde nouveau. Cette croyance est empl'einte, à tout le moins, d'une virilité autl'ement noble que l'aflhissement inerte et le nonchaloir au sein des nébuleuses mysticités. Et vraiment, pal' réaction contre les l'eligiosités renaissantes, contre cette Pl'édominance de la Foi sur le Libt'e Arbiti·e et sut· l'Espl'it J\lode.)'ncqu'on tend à rcstaurel' tout à. fois dans la Littératul'e et les Arts, nous sentons le besoin ùe croi1·e à la toute puissance des énergies humaines, si tcl'ribles que nous ait semblé parfois les écrasements sociaux. Et n'>Ssympathies sont acquises à un Art tout Moderne qui, loin de s'épmndre du passé et des croyances déchues, trouvera de suffisants prétextes à ses manifestations dans l'étude de l'homme mol'al et physique, envisagé en çe que son èti·d a de ~énéral et de pPrmanent, dans les magnificences naturelles avec leur poésie infinie, mysté-
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