La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

498 LA REVUE SOCIALISTE LES GRÈVES ET r.'oRGA:NISATlO:,. OUVRIÈRE. Lü Drapeau Rouge. T0l esi le titre de la Revue que vient de fonder un gronpe de jeunes et ardents socialistes parmi lesquels les citoyens L. Breton, Alexandre Zévaès, le fils du député de l'Allier, Léon Thivrier. Sons la signature dece dernier,dans le numéro de Mars,quelquels réflexions sur les grèves qui ue manquent pas de justesse: Si les grèves d'une simple fraction de corporation, les grèves partielles, échouent toujours par manque d'organisation. ou plutôt parce que leur organisation n'est pas assez étendue, il n'en est pas de mème des grèves de col'porations entières. des g1•èves générales. Elles atteignent parfois le but qu'elles se proposent, elles ai-rivent parfois à donner satisfac,ion aux ouv:·iers; niais l'on a pu remarquer que ce résultat favorable était obtenu par les corpomtions seules qui depuis lon1;temps déjà s'étaient organisées en prévision de la lutte. Les différentes parties d'un même tout. s'étant intimement solidarisées. forment alors un mème bloc compact opposant une rcsistance considérnble aux diverses forces qui tenteraient de l'entamer. La grève, alors, est un véritable <'0mbat régulier où de chaque co~é armes et munitions permettent de lutter quelque temps. ::ii les ouv1·iers sor,t vaincus, ils se retirent du moins en bon ordre, et conservent encore la force de discuter les conditions de la capitulation. Les ouvrie,·s sans travail, si nombreux qu'ils soient, ne sauraient. en t'ffet, suppléer aux grévistes, et les pat1·ons, pour qui la grève est meurtrière, ont hàte de traite!' pour en amener la fln. A lire dans ce mème numéro: Considérations, par L. Breton ; L'Action Socialiste au Parlement, par Alexandre Zévaès, LE 18 MARS. Dans le Petit Montluçonnais, sous la signature d'Eugène Fournière, nous lisons : Si la Commune n'avait pas été réprimée avec l'implacabilité féroce que l'on sait, si les réacteul's virtol'ieux n'avaient pas voué huit longs ,iours la classe 0ll\'l'ière parisienne à l'extermination. si <'ent mille Français n'avaient pas été enta~sés dans les pontons et dans les bagnes ou pourchassés sur la ter:·e d'exil, on p0ul'rait discute!' quelques-uns de ses ac-tes. Mais les c1·imesdes répresseul's font 'lisparaitl'e les fautes des vainrus et ne laissent plus en lumière que les décrets dcmocratiques et humanitaires de la Commune. Oui, la pensée socialiRte domina la Commune, la disciplina, l'anima. Et, dans la Commune, les élus socialistes furent l'élément moùérateur, Ol'ganisateur et propagandiste. Au,si cette date du 18 ma,·s est-elle aujourd'hui un annivel'saire de joie et d'espèranre pour les opprimés de tous les pays. Le 18 mars prend place à côté du 14 juillet. De cette <late-ci commence l'ère <le l'émancipation politique, de celle-là commence l'ère de l'émancipation sociale. Elles ne se contredisent pas, mais se complêccnt logiquement. Donc recommencer le 18 mars, refail'e la Commune, serait aussi enfantin et aussi impossible que de l'CCommcncer le 14juillet. 18il a marqué une étape impol'tante dans la mal'che de l'humanité. Ce n'est pas toujours pal' des victoires que l'on conquiert des pr<>gt·ês,et il y a des défaites plus fécondes en résultats que des triomphes.

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