490 LA RE\"UE SOCIALISTE que le parti libéral officiel a inclns dans son programme de Newcàstle, Pt qui sera pass6e sùrement par le prochain gouvernement libt•ral. C'est certainement la mesure la plus importaute du programme, car elle permettra alors aux ouvriers de se faire représenter directement par un des leurs, et d'obtenir les réformes socialistes. 'l'eslament de ,1h'. W. Il. S,nilh. - Il faut que l'atmosphère soit bien imprégnée de socialisme pour que ,1/i'. W. Stead (qui n'est pas un révolulionnaire) ait publié dans sa Heview of Reviezcs les réflexions suivantes. Je dirai tout d'abord que le ,lfr. S11iillt en question était, lor. qu'il mourut il y a quelques mois, le leader· (conservateur) de la Chambre des Communes et l'associé principal de la rai on sociale TV. 11.8111itll and Sons, qui est en Angleterre ce que la Maison Hachette est en Fran~e. La fortune que ce monopoliste a laisE:é est de 4 l millions de francs, en biens meubles, seulement. Quant à la valeur de ses immeubles, le public ne la connait pas, mais la rumeur l'estime à environ autant: « Cette fortune énorme, dit Mr. Stead, est le produit direct d'un monopole - d'un monopole qui, tout légal qu'il est et dù à son entreprise individuelle, n'en est pas moins une exploitation qui pourrait être nationalisée sans sérieuse difficulté ... Mr. Smith était un brave homme ayant souci du bien public. Il était plus charitable en privé, qu'on ne se lïmagine, mais ces qualités n·amoindrissen t pas - peut-Nre même font-elles davantage ressortir - cc fait que dans son testament de 40 millions de francs. il n'a rien laissé au public, ni aux pauvres. A tort ou à raison, les fortunes énormes éveillent des deux cotés de l'Atlantique une jalousie fortement implantée. Nous n'en sommes pas encore arrivés à mettre à prix la tête d'un millionnaire, comme autrefois celle d'un loup, mais il y a un nombre considérable de réformateurs énergiques, en A11gleterre comme en Amérique, qui semblent poursuivre ce but. « On permettra aux millionnaires d'exister, mais ils devront justifier leur existence en prouvant qu'ils sont capables de faire pour le public des choses que le public ne peut faire par luimême; de sorte que le sage millionnaire paiera une rançon libérale,uon seulemrnt durant sa yie mais encore après sa mort. Le temps s'approche où un testamc11tcomme celui de Mr. Smitll de 40 millions partagés entrP parents et amis, sans aucun legs en faveur d'œuvres publiques ou charitables, gera regardé comme aussi infamant pour la famille que la naissance d'un bâtard l'est pour Ulle lady anglaise. »
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