182 LA REVUE SOCIALISTE principaux réglements de la Chambre de Commerce de New-York relatifs à l'emmagasinage des grains et des détails intéressants concernant les éléuateursa111éricai11s. li nous reste à faire connaitre une dernière proposition à caractère socialiste; c·est celle qui tend 1° à supprimer le travail dans les prisons par voie d'entreprise ou de régie indirecte : 2• à soumettre les communautés religieuses, ouvroirs et couvents à l'impôt, au droit fixe et au droit proportionnel des patentes, présentée par MM. Salis, Déandreis, Yerniere, Mas, Ferroul, etc. Ces députés exposent que le tort infligé à l'industrie privée et aux ouvriers libres par le travail des détenus est très considérable, que des réclamations très nombreuses retentissent depuis longtemps sans que le gouvernement ait jamais fait autre chose que d"apporter aux victimes l'expression de sa sympathie et la promesse restée toujours sans effet de remèdier aux maux d'une telle situation. Ils rappellent le Congrès qui s'est tenu à Montpellier au mois de novembre 1b91 et auquel ont été représentées les Bourses du Travail du Midi. D'autre part le but essentiel qu'a poursuivi le législateur c'est-à-dire: la moralisation du détenu est complètement oublié. Ne pourrait-on pas, au lieu d'exploiter industriellement la population des maisons centrales et de n'avoir en vue que le gain, employer cette main-d'œuvre à d'autres travaux? O"aillcurs, pourquoi faire dans les prisons du travail industriel ? Ne pourrait-on pas tirer un excellent parti de la main-d'œuvrc pcnitentiairc sans faire concurrence au travail libre ? Dans plusieurs congrès on a proposé d'employer les détenus aux travaux de l'•griculture. Ce système a été adopté par plusieurs nations. L"Italie a fait défricher ses terres de la campagne romaine par les conda,nnés, Elle se sert encore de ses condamnes pour construire des prisons et des fortifications, En Suisse, depuis 1827, le canton de Berne a appliqué ses prisonniers à la confection des routes. c·cst a ses prisonniers que le même canton de Berne doit ses plus belles voies Je communication, crlles de Neuchâtel, d'Allemagne et de !"Oberland. Les prisonniers travaillent hors des prisons, par groupes, sous la surveillance de gardien armés, qui sont autorises 3 faire feu sur le fugitif, et il parait qu'il y a trcs peu d'exemples d'cvasion. Le canton de Berne a pu ensuite très heureusement appliquer ses prisonniers aux trava\Jx de défrichement, quand les routes indiquées plus haut ont etc achevées. Pourquoi nïmitcrions-nous pas cet exemple? Pourquoi tous les travaux de défrichement ne seraient-ils pas confi,.:s à nos détenus ? Pourquoi enfin n'obligerait-on pas les détenus à accomplir les prestations en nature., qui pcscnt toujours si lourdement sur les habitants malheureux de nos campagnes ? La Chambre. dans une récente séance, a manifesté son désir de voir entreprendre les travaux destinés à assainir la cùte orientale de la Corse. Voilà des tr;1vauxqui conviennent aux prisonniers. Il serait vraiment utile de les employer désormais aux tra,·aux de défrichement et d'assainissement dans les parties malsaines de nos possessions <:oloniales. Le ministère de la guerre pourrait également, pour tous les travaux pénibles, faire
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