La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

-180 LA REVUE SOCIALISTE m1gasinagc et le changement, ils s'élèvent, en Amérique, pour un délai de dix jours, all chiffre trCs minime de .3 centimes par hectolitre. Les avantages qui résultent de cette organisation sont considérables. Nous allons. les enumérer briëvement. Plaçons-nous d'abord au point_ de vue qui nous interesse plus spécialement, au point de vue agricole. Ill. Av.rntl1ges résultant de /ëta.blissemeut des docks-greniers au point de vue agriCole. Nous pensons que notre proposition, bien que se suffisant à elle-même et constituant l'une des branches du crédit agricole, est de nature à faciliter l'organisation du crédit personnel agricole telle qu'elle nous est pré;entéc par l'honorable prcsident de la commission des douanes, M. Méline. Les syndicats,· dit M. Méline, se bornent à avaliser les billets que les agriculteurs ont signés a Jeurs fournisseurs ; mais au jour de réchéance, quels moyens donnera-t-on à ces mêmes agriculteurs pour réaliser hic et nunc leurs récoltes ? Ce sera la vente a tout prix, voire aux conditions les plus fâcheuses, et qu'on ne dise pas : On accordera toutes facilités pour les renouvellements, cela est faux en l'espèce, car Je cultivateur en sera, au moment de la récolte à son troisième renouvellement ; il en aura épuisé la sërie, et c'est pour eviter une liquidation dans des conditions qtû p:>urraient être déslstreuses qu'il importe de lui donner le moyen de battre monnaie avec ses grains sans. les vendre. Le création de certificlts de dépôt de grains remplit parfaitement ce but. De p~rsonnel qu'il était, alors que la récolte était pendante, le crédit devient réel ; de là une facilité nouvelle donnée au cultivateur pour remplir ses engagements vis-à-vis. de ses fournisseurs et des syndicats avaliseurs, et pour faire face à ses échanges sans subir les exigences des spéculateurs ou les dépréciations de cours. En un mot, - et nous ne saurions trop insister sur ce point qui parait avoir unegrande im?ortance, - le cultivateur a-t-il besoin d'acheter des semences, des engrais, du bétail, du mltériel, il peut avec l'aide des syndicats trouver les fonds qui lui sont nécessaires; a-t-il. au moment de la récolte, c'est-â-dire après trois renouvellements successifs, à faire face à ses échéances, il pourra, grâce à la création des certificats dedépôts de grains négociables, faire immCdiatement argent de sa récolte sans la vendre et remplir ses engagements. Les dispositions de J"article 2076 du code civil ne sont plus applicables en J"espèce, La valeur du gage ne saurait plus être contestée ; le gage est bien réel. Le cultivateur- "'est plus tenu de vendre a vil prix pour avoir de l'argent. c·est là le point important,. capital. Dès lors, il peut faire au sol les avances qu'il réclame et entrer résolument dans la voie du progrès. On nous dit, - et cette théorie est chère aux économistes, - l'agriculture n'est plus seulement comme autrefois une science d'observation ; depuis les découvertes des Boussingault, des George Ville, des Risler, des Grandeau, des Aimé Girard, des Tisserand et bien d'autres savants encore dont la France s'honore, elle est devenue une science précise, reposant s.ur des données exactes. Faites désormais de la science agricole, achetez des grains, des instruments perfectionnés, et vous aurez des rendements rémunérateurs qui vous permettront de soutenir avantageusement la concurrence étrangère. C'est parler d"or; mais un crédit agricole quelconque, si restreint que fût son organisation, qui permettrait au cultivateur peu fortuné de trouver de l'argent, à un taux raisonnable, pour faire les premières avances, ferait bien mieux les affaires de l'agriculture que ces bons ~onseils, qui feraient sourire les agriculteurs praticiens s'ils ne. constituaient une amére ironie.

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