La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

.j_~ LA REVUE SOCIALISTE sur ces entrefaites, le département de la Cote-J'Or le porte à la députation, - et il lance une profession de foi ou il persévère dans l'exigence d'une Assemblée nouvelle et proclame une politique favorable aux nationalités opprimées, pour lesqnelles il veut que la France, au besoin, prenne les armes. Barthe, son anden camarade dans la Charbonnerie, devenu ministre de la justice. rt'·pond par une destitution à des idées que le gouvernement avait toléré d'abord, mais qu'il s'efforçait d'éliminer, de plus en plus, de son programme d'une prudence timorée. Cabet continue à les soutenir à la Chambre, ou il va s'asseoir entre le général Lamarque et Mauguin, en leur apportant son concours pour remdtre an rang des nations indépendantes fa. Pologne soulevée contre la Russie. Au milieu de la fermentation de l'Europe cntil,re aprb 1830, cette solution, qui semble aujou rd ïuü. chirnériq ue, au rait été obtcn ue, peu t-êtrc sans guerre, par une simple démonstration militaire de la France.Le résultat en aurait été des plus bienfaisants pour le monde: l'histoire prenait un cour;; différent; la honte du second empire était évité1J avec ses affreux désastres; la famille d'Orléans, répondant aux instincts généreux de la nation, en conservait longtemps la tutelle. et la république, inscrite dans le progrès humanitaire, arrivait it son heure, douée d'une vitaliLé incontestable et incontestée. Mais la Bourgeoisie, incarnée dans Louis-Philippe, ne pouvait, avec son étroitesse d'rsprit, embrasser nn si large horizon politique. Satisfaite du présent, défiante de l'avenir, elle aimait, par ca~actère, ù vivre d'expédients. soucieuse de maintenir au dehors la paix ù tout prix, au dedans une liberté restreinte. Cabet sut prévoir à quelle déchéance ce sy&tèmed'égoïsme borné conduirait le pays. Il jette un cri d'alarme dans une adresse à ses électeurs sous le titre : PeriL cte la situation prese,tte et propose à !'Opposition, comptantdeux cents membres, de rédiger un Programme pour formuler l t Democrritie. Lamarque, mourant, y appose sa signa lu re, et sur la tombe de cc brave patriote, éclate l'insurrection de 5 Juin 1832. Le 6, les députés, Lafayette, Arago et Odilon Barrot vont déclarer au roi qu'ils se rallientù la monarchie si elle veut rentrer dans l'esprit de la révolution de Juillet. Le fils d'Égalité répond ironiquement: " Je suis charmé d'apprendre qne M.M. Cabet et Garnier Pagès sont de cet avis! » L'état de siège est décrété, et Cabet. qui avait figuré comme commissaire aux funérailles ensanglantées est obligé de se dérober aux recherches de la police et des gardes nationaux surexcités. Sorti de sa cachette an retour de

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