La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

fil LA RE\TE SOCI.\LISTE Oui, n'.•pondit-il, il en C'stencore un très sfrieux que j'ai ù ('Ombattl'e chaque jour, c'rst la rt'.•sislancedes femmes à la discipline et aux réglements de la communaut<•. Elles ont beauconp de pci ne ù s'astreindre dans leur toilette, ù II n costnme uniforme; cllC's gémissrnt de ne pouvoir pas <'.·talerIr moindre bijou C't cc• qui dé~ole les plus joliPs c·est de SC'priYer du plaisir cl'ètre ronrliséC's, une fois marit'·C's. Dam, ma fcrmC' pcrsnation l'écluration commune parviendra ù transformer ks femmes qui prendront le g-oùt dc !a simplirité, n·auront plus aucune pl'nst'•ede r1•tour aux friYolités du luxe et rcculerontan•c horreur dHaut l'appan'nce seulC'de l'adultère. >> li parlait aYC'Ctant de chalC'ur, le candide ri'-formatC'ut·, quC', je nC' lui opposai plus la moindre objrction rt quC'je me g-ardai bien <lelui faire la question choquante que j'arnis ùéjù sur les lèvrrs : - L'adultère n'pst-il pas souwnt le correctif du mariage? La femme, aurais-je pu ajouter,est la pierre>d"achoppcment dc toute organisation socialC',Apriori dans tout systèmC'de comm11na11téqu'ell" mrnace à chaque instant de faire crouler en surcxci tant.par des plaisirs absorbants le senliment <l'indi \'idualisme chrz le mùle humain. Le confondant avc•ctous les autrC's birns, Platon !"éparpille en qurlque sorte, la partage et la divise parmi les membrC'sdt• sa République idéale qui n·estquc le perfectionnement de la H<·publique réelle <leSpartC' où pour mieux perdre lcu1· prestige>mysti'.•rieux, les jeunes fillrs luttaient toutes nues devant les jeunes gens et où les matrones portaient drs robes fendues jusq11·A la cuisse. Ainsi Lycurgue, sacrifiant un SC'xeau profit de l'a11tn', disait à la femme: « Tu n'es faite qne pour lajonissance physique et pour la propig-ation. » Le docteur Xayes, le fondateur d"Oneida. ïn pirant et se prévalant de la Bible, tue an nom de la fraternité l'égoïsme dans l'amour par drs rapprochC'ments sexuels i,,i <'.•phémèrequïl n'en reste aucune trace de paternité conscient(•... c·esl un homme logique, qui ponr le but ne recule pas devant les moyens et qui a compris qu'il 11·ya pas <leconciliation possibl(• entre le mariage et le vrai colllmunislllC'. Les (/manls /ib,·es d'Oneida ont mis en pratiquece que rè,,ait le l ère Enfantin aYec sa femme libre parmi les Saints-Simoniens. Quant aux Shakrrs, c'est au bannissement dC's unions conjugales par une chasteté absolue qu'ils doivent. leur siècle d'existence prospère. Youloir concilier la séparation des couples, légalement constitu(·s avec la communauté des enfants qui en proviennent, c'est une illuslon, fort honnête peutêtrC', mais compll\tcrllC'nt chimérique. Haras ou Couvent: choisissez, citoyen Cabet; il n'y a pas de milieu pour un communisme-

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