La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

40 LA REVUE SOCIALISTE CABEETTLESICARIENS (Suite) III LE Fo1m.\TEUR DE L'lc.\RIE Parmi les plus nobles et les plus honnêtes caractères de notre époque, la postérité assignera une place honorable à Cabet. Par la profondeur de son intelligence, il n'est pas à la hauteur d'Owen, de Saint-Simon, de Fourier, d'Auguste Comte, de Proudhon, mais il a l'avantage sur ces hardis novateurs d'avoir réalisé son utopie et fait fleurir, pendant quelques années, nne confrérie fondée sur l'amour du travail et le perfectionnement moral du cœur. Etienne Cabet est le compatriote de St-Bei,-nard. Il naquit à Dijon eu li88, d'une famille pauvre. Son père était tonnelier et l'éleva, jusqu'à douze ans, dans la pratique de son métier. Destiné, ensuite, à devenir maitre d'école, il fut initié à l'excellente méthode dite Enseignement universel, au moyen de laquelle le premier livre de Télémaque, appris par cœur, en n'importe quelle langue, mettait l'élève à même de lire, d'écrire et de parler cette langue sans passer par la routine grammaticale. Innovation malheureusement oubliée aujourd'hui, comme d'autres progrès utiles et démodés. Le légiste Victor Proudhon dont la célébrité a pàli devant celle de son homonyme, le socialiste, présida, aussi, à l'éducation du jeune tonnelier, qui, promu docteur en droit, fit bonne figure au barreau de Dijon et refusa, à vingt-sept ans, le poste de procureur impérial, qui lui fut offert pendant les Cent jours.

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