La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

308 LA REVUE SOCIALISTE « Alors je crus revoir le dernier regard d'Ellen, qui semblait ,< me dire : « Non, vous ne pouvez pas être des nôtres, vous appar- ,, tenez si complètement à la misère du passé, que notre bonheur fini- " rait par vous peser. Retournez maintenant que vous avez vu, que « vos yeux ont appris, qu'en dépit des infaillibles maximes de votre " temps, il y a encore du bonheur en réserve pour le monde, quand " l'esclavage aura fait place à la fraternité. Oui, Retournez Vous verrez « autour de vous des gens occupés à exploiter la vie des autres, sans ,, songer eux-mêmes à vivre réellement; - des gens qui haïssent la " vie, tout en ayant peur de la mort. Mais soyez plus heureux pour ,, nous avoir vus et emportez l'espoir. Vivez pendant que la vie vous ,< est donnée ; travaillez et luttez pour préparer les temps de la " fraternité, du repos et du bonheur. » Nous finirons sur ces paroles notre rapide exposé· du poème libertaire de William Morris. Aussi bien, socialiste fantàisiste et teinté d'un anarchisme idyllique qui n'est guère de notre temps, Morris échappe à l'analyse. Nous avons donc préféré résumer purement et simplement son utopie que M. de Wizewa, en son Mouvement social w Europe, appelle "un chef-d'œuvre de littérature socialiste», et nous laissons le lecteur juge de la conception, qui nous paraît fort sujette à caution et un peu trop simpliste, du brillant utopiste anglais. M. C.

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