REVUE DES Ll\"RES 377 qu'unP, Encyclique. somme toute, ultramontaine. et <lestinée à l'embrigadement des associations ouvrières, sous la bannière du Sacré-Cœur. Faute d'espace et de temps, nous ne pou1·ons control'erser al'ec M. ?lfodeste; mais nous engageons 1·i1·ement tous nos lecteur~ à se procurer la brochure de l\l, ?llodeste. Quelles que soient leurs opinions. elle leur suggérera, soit par homœopathie, soit par allopathie, de noul'eaux arguments en fal'eur de leur pensée propre. Vn mot, cependant, à l'adresse du surcroit de puissance temporelle que M. Modeste lui-mème est bien obligé de reprocher â l'Eglise, de vouloir conquérir par ses manifestes économiques. Dans le passé, nous sommes redevables à l'Eglise de deux puissances paternelles : la paternité ecclésiastique, caractérisée par l'inquisition; la paternité monarchique, caractérisée par le Lil're rouge et par la Bastille. Que nous réserverait la mise en pratique de cette phrase de !'Encyclique : « Pour que les associations ne soient pas dangereuses, il faut leur donner un caractère moral et religieux. » Au surplus, admi,·ez et creusez bien ce membre de phrasP, : « Pou,· que les associations ne soient pas dangereuses ... », c'est-à-dire pour qu'elles ne soient pas rérnlutionnaires, pour qu'elles n'implantent pas le vrai Socialisme. Et tenez, ?Il. ?llodm,te, permettez-moi d'aller jusqu'au bout de ma pt'nsée. Je ne l'OUSdirai p!ls, cela est devenu banal, que la Révolution n'est autre chose que la réaction tardirn de la Justice contre le gou1·ernement de la farnur et la religion de la gràce, et que, de nos jours, le Socialisme est la continuation de cette réaction justicière. Je 1·ous rappellerai simplement. ceci : En lï88, l'Etat ouéré, aux aboi,, ne sachant plus que prendre à un peuple ruiné, s'adresse suppliant au clergé, le prie de payer· l'impôt. Sa réponse est admiraule, digne de mémoire : « :-Ion. le peuple de France n'est pas imposaule à l'Olonté. " « Invoquer le nom du peuple pour se dispenser de 1·enir en aide au peuple! s'écrie ~lichelet. Dernier point 1•raiment sublime, où dernit monter la sagesse pharisienne. » - Hélas! ?llichelet qui arnit connu ?llontalcmber·t, ne se doutait pas que l'Eglise irait jusqu'à jouer du socialisme et oserait jamais réinl'oquer l'intérèt populaire pour se refaire. Adrien \"EBER. Le MouvemeDt socialiste en Europe. - Les Jlomines et les Idées, par T. nE V.'YZEWA. - PERltlNETet Cie, libraires-éditeurs, 3J, quai des Grands-Augustins, Paris. - Prix: 3 fr. 50. Dèsles premières lignes du livre de ?II.Théodore de \Vyzewa: Le Mouvement socialiste en Europe, publié chez Perrin, on s'aperçoit tout d'abord que l'on a affaire à un libre esprit, légèrement ironique, clési,·euxùe l'érités directement apprises. L'avant-propos qui expose la situation présente débute, en effet, par cette citation de 1\1, Thiers : « La misère est une condition inévitable dans le plan général de la
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