La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

)lOV\'E)IE:'\T SOCIALE:'\ FR.\:'\CE ET A L.ÉTR.\,_GER 3:):j l'oppresseur ait nom : gros proprit'taire ou industriPl? Che1, toi, romme rhez nous. J,. jom nt<eest longue et ruile et ne rap1,O1-te pas mèmc ce quïl faut aux besoins du corps. A toi comme à moi, la liberté, le loisir, la vie de l'esprit et du cœur manquent. :-ous sommes en•ore et roujours, toi et nioi, lrs ,·a~saux de la misère. CPla n'est pas juste. fri're pay,an, ne le sens-tu pils? Tu vois donc bien que l'on te t··ompe; car s'il é1ait vrai que la propriètt< e~t le frnit du tramil, tu st•rais propriétairr, toi q•ri a tant travail!~. Tu possède,·ais cette petite maison, avec un jar·din et un enclos, qui a été le rêve, le but. la passion de toute ta vie, mais qu'il t'a 1 1té im11ossiblc d'acquéri.-, <nt que tu n'as acquise 1.cut-~tre, malheureux, qu'en rontra<'Wnt une dette qui t'11puise, te ronge et va for<'cr tes enfants à vendre. aussitôt 11uetu seras mo1·r, p1•ut-.'t1·carnnt, re toit qui t'a déj:\ tant i-oùté. );on, frère, le travail ne donne pas la propr·1été. !-:liese tran,rnet par ha~ar,I ou se gagne pa1· ruse. Les riches sont des oisifs, l~s tr,1nlilleu1·s sont dts pauvres. Cela n'est pas juste. Et voilà pourquoi, Paris. que tu accuses sur la foi 1lr grns intt'resst's à te trompei·, voilà pourquoi Paris s'agite, ri-clame. se soult',·e et veut i-hanger les lois qui donnent tout pouvoir aux riches sur les t1·a,·aillcurs. Paris veut que le fils du paysan soit aussi in,truit que le llls <111 rii-he. et pour rien, attcn,lu que la si-it•nce humaine est le bien commun de tous les hom111es,et n'est pas moins utile pour se conduire dans la yie, que l<'syelrX1>0ur·,·oir. Pa1·1sdemande que tout 11ommequi n·est pas propriétaire ne paye pas un sou d'impôt; que relui qui ne possède qu'une maison et ,on jardin ne paye rien encore; que les petites fortunes soient imposees légè1·emcnt, et que tout le poids ,le l'impôt tombe sur les rieha,·ds. Paris demande que ce soient les députés, les sénateurs et les bonapartistes. auteurs de la guc1·1·e,qui payent les C'inqmilliards de la Prusse, et qu'on vende pour cela leu1·s propriétés, aYec ce qu'on appelle les l>iensde la Couronne, dont il n'e,t plus besoin en France. Paris demande que la justice ne coute plus rien à ceux qui ont besoin, et <iue ce soit le peuple lui-mèllle tpti choisisse les juges parmi les honnêtes gens du canton. Paris veut enfin . .<coule hien ceci, fravaillt'ur· des campagnes, paune journalier, petit proprit'taire que ronge l'usure, bardicr. métayer, fermier, vous tous qui scine1., récoltez, suez, pour que le plus clair de vos produits aille à quelqu'un qui ne fait rien: - ce que Paris veut, en fin de compte, c'est la terre au paysan, l'outil à l'ounie1·, le trarnil pour· tous. La guerre que fait Paris en cc moment, c'est la g11e1Te à l'usure. au metsonge et à la 1iaressc. Don<', babitantJ des campagnes. vous le ,·oyez, la cause de Paris est la Yôtr<'et c'est pou1·vous qu'il travaitle,en mème temps que pour l'ouvrier. Ces générnux qui l'attaquent en ce moment. ce sont les gfoéraux qui ont trahi la France. Ces députés que vous avei nommés sans les connaitre ,•culent nous ramener llenl'i \". Si Paris tombe, le joug de misère restera sur Yot1·ecou, et passc,·a sur celui de YOSenfants. Aidet-le donc à triompher, et, quoi qu'il a1'l'i,·e, r·appelez-\'OUSbien ces paroles, - car il y aura cl~s révolutions dans le monde jusqu'à ce qu'elles soient accvmplies: La te,·,·e ai< paysan, Coutil à l'ouv,·ier, le ti·«vail pour tou.;. 23

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