LA REVUE SOCIALISTE bas-fonds sociaux (entendez des compromis) que de remonter à la surface par un coup d'aile vigoureux et d'oser contempler la lumière du soleil c'est-à-dire le vrai. En un mol, la nature humaine est lâche; l'homme tombé entretient volontairement ses illusions el les autres l'aident à fixer le bandeau qui lui dérobe la vérité.Si nous généralisons, le Canard sauvage nous représentera le peuple qui d'abord libre et fier est avili par toutes les tyrannies et finit par se complaire dans la bassesse; lm, l'oiseau des sommets, l'oiseau merveilleux, il devient l'esclave des conventions, des fictions, et embourbe dans la fange ses ailes diaprées. Dans le Canard sauvage la nature humaine, personnifiée surtout par une jeune fille (Edwige), succombe sous son rêve détruit. Elle aime mieux s·ané:i.ntir 'lue de survivre à ses illusions. Du reste les suicides qui dénouent la plupart des pièces d'lbsen sont fréquents en Suède et en Norwège. Le climat et la rigueur des principes religieux nous en donneraient peut-être la raison, le sourire manque dans ce pays; sourire du ciel physique et de l'atmosphère morale. L'appétit de la mort est la conséquence de la tristesse dans la vie. Là peut-être aussi trouverait-on l'excuse de bien des mensonges sociaux. Nous nous demandons avec Ibsen dans le Canard sauvage si nous sommes assez forts pour supporter la vérité; si l'illusion n'est point jusqu'à un certain point une condition vitale. Le Canard s,iuvage est tout entiar dans l'examen des questions sociales; l'intrigue importe peu, el nous importe peu. Disons cependant en passant, que la peinture de mœurs est Louchée de main de maitre, et que les caractères sont exacts et vigoureusement tracés. La question des droits de !'Enfant est abordée incidemment. Nous trouvons dans Jledda Gabberqui a été représentée il y a quelques semaines aux Variétés, la lutte de deux éléments sociaux en présence: lutte qui se termine par la destruction de ces éléments dans !'Avenir. L'auteur fait pressentir en même temps l'avènement d'un troisième état, ou nouvelle ère sociale. Hedda Gabier, fille d'un général, épouse un professeur, sorte de polype qui vil attaché sur des spécialités archéologiques. Hedda, dépaysée dans ce milieu ankilosé, se rattache à Lœwborg un débauché de talent avec lequel elle a flirté avant son mariage àvec Tesmann. Mais Lœvborg est en main, à la façon Suédoise qui est platonique; Théa, son amie lui a fait aimer le travail; et il va publier sous son égide, un grand ouvrage, qui changera la face <lu monde.
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