La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

GUILL.HillE DEGREEF 323 -système, tenant avant tout à sauvegarder sa complète indépendance d'esprit. Dès son entrée à l'Université, il se jeta dans le mouvement -0uvrier; nous pouvons partager ici sa biographie en deux parties: la partie politique et la partie scientifique. Retracer la partie politique de sa vie, c·est retracer l'histoire des luttes du parti ouvrier en ces dernières années. Benoit Malon rappelle avec éloge cette période de la vie de Guillaume Degrcef dans son livre sur l'histoire du socialisme. La voici en ~uelques mots: C'est par Emile Féron qu'il fut introduit dans le Cercle républicain socialiste en 1860,cercle qui faisait paraitre le journal intitulé la Tribune du Peuple; avec De Paepe, Denis Brismée, il soutint de toute son énergie le journal socialiste; il y fit paraitre entre autres choses un résumé des doctrines économiques de Proudhon et des articles remarqués sur l'histoire de la philosophie. ll fut membre fondateur de lïntcrnationale. En 1865, il entra au barreau; depuis cette époque il fut obligé de menrr de front ses occupations professionnelles et ses travaux philosophiques et économiques, qui les unes sans les autres sufnsent à remplir l'existenGe d'un homme; il n'y parvint que gràce à un labeur exGessif.en travail !ant «deux fois huit heures par jour». A 18 ans, étant à l'Université, il avait écrit sa première brochure: Ni libéraux, ni catholiques; et plus tard il <:ollaboraà la Rive gauche. Proudhon, réfugié à Bruxelles, était l'ami d'Altmeyer et de Félix Delhasse; c'est ainsi que Degreef fit la connaissance de eelui qui eut une si grande influence sur la direction de ses idées. Il devint socialiste proudhonien et M. Delhasse l'encouragea toujours à persévérer dans ses études. De cette époque date également son rapport sur le crédit au Congrès de l'Internationale. Dans la Liberté il fit de cette question sa spécialité, et actuellement encore il travaille à un livre consacré à cc problème sans la solution duquel aucun pas décisif ne pourra, d'après lui, être fait dans la transformation des masses ouvrières agricoles et industrielles. Dès lors M. Degreef devint encore plus actif dans sa propagande. Il collabora à la Liberté de 1867 jusqu·en 18,3, ensuite à la Réforme, à la Revue socialiste, à la Société nouvelle. En politique il soutint ses idées fédéralistes et cornmunalistes ; en économie sociale des réformes progessives mais radicales. Après la réaction générale qui suivit la guerre franco-allemande et l'écrasement de la commune de Paris, où malheureusement l'idéal ouvrier et fédéraliste ne

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