La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

306 LA REVUE SOCIALISTE DÉFILÉ DE CIVILISATION TYPESQUIDISPARAITRONT LE GUERRIER. l\lembre d'une fabrique de cadavres, - quelquefois le sien compris. Fait tout ce qui concerne son état: chairs pantelantes, sang ruisselant, membres disloqués, incendies, ruines, veuves, orphelins, etc. Pour cette besogne, on le paye et on le décore. Les mieux payé:- et les mieux décorés sont ceux qui montrent le plus de capacité professionnelle. D'aillenrs, les dix-nenf vingtièmes des guerriers voudraient bien « s'en allrr ». Mais les capitalistes et les rois, qui s'en servent contre l'intérieur et l'extérieur, ne le leur permettent point. Dix-neuf sur vingt ignorent pourquoi ils doivent s'entr't'igorger. On leur dit que le patriotisme !"exige, et cela suffit - provisoirement. Les maitres de chaque patrie tàchent, suivant leur humeur ou les possibilités, d'agrandir ses frontières, ou de ne pas perdre celles qui existent. Les frontières précisent la limite où l'on est compatriote et où l'on devient étrangers ; chaque patrie, paraît-il, forme une grande famille. Ainsi, la République d'Andorre est une de ces patries. Les poteaux indicateurs du nombre de mètres fixé à chacune de ces familles sont gardés par des guerriers. L'Europe compte actuellrment au moins vingtquatre patries ou familles de cette espèce. Ce nombre a beaucoup varié. Les guerriers, depuis un siècle, on_t, pour la plupart, changé plusieurs fois de patrie. Quand l'ordre est donné, ils mitraillimt l'ancienne ou se font tuer pour la nouvelle. " ..

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