Jt:STlCE ET SOCIAT.IS~IE 263 « traYc pas semblable liberté chez autrui.» La théorie de l'Etat, « pouvoir essentiellement juridique > chargé de maintenir la Justice et le Droit, se conçoit d'après celte doctrinl' même qui précise et limite ses attributions. Yoih\ le point de départ et le fondement de la Yigonrcuse argumentation de M. Belot: 1° L'Etat accomplit-il sa mission en se contentant de la fonction juridique et arrh·e-t-il ainsi à faire régner la justice telle qu'elle a été dl·finic plus haut? A cette question répond le premier développement, qui est intitulé: Justice et 1:oncm-rence. 2• L'Etat <loit-il vis<'r à autre chose, doit-il se considérer comme investi d'une fonction encore plus vaste, telle que pourrait être dans certains cas, l'organisation de la coopération sociale, c'est-à-dire l'organisation du travail? A cette deuxième question répond le développement intitulé: Concurrence et Coope,·alion sociale. Nou· nous garderons bie11de substituer un résnmé incolore et insipide au texte mèmc de cc~ fortes pages de philosophie ocialiste, que l'on trouvera reproduit dans ses parties essentielles à la sui te de cet artk lc. Sans en essayer !"analyse, il e.t intéressant de remarquer la définition plus nouvelle et plus juste du socialisme qui s·y trouve exposée: « Substituer progressivement la collaboration 1< à la concurrence. A la lutte des hommes Pntrc eux, il faudrait « substituer la lutte en commun des homn1f's contre la naturl', « ou suivant la formule saint Simonienne, l'exploitation collec11 th·c du globe à l'exploitation de l'hommc par l'homme. » L'auteur remarque plus loin que pour les individunlistes, la société est un phénomène n{•gatif, une sorte dc mal nécessaire, une gène qu'il faudrait réduire an minimum. Pour les socialistes au contraire, ell<' constitue un fait essentiellement positif: L'homme étant un ètrc sociable par nature doit \·ivre de plus en plus par et pour la société, de façon à employer au bien de tous la force énorme qui résulte de la mise en commun des efforts et des aptitudes méthodiquement dirigées \·ers uu mèmc but. Une autre idée à peine indiquée nons a paru profoudc. C'est la parenté intime du socialisme et de l'individualisme qui semblent d'abord deux tendances exclusiYes l'une de l'autre. Le développement actuel du socialisme n'est pas comme le voudrait ;\I. Spencer une« anomalie et une régression », mais au contraire un effet naturel de l'individualisme régnant. D'autre part, le socialisme peut èb-e compris comme l'exaltation même de l'individualisme et son triomphe le plus complet, puisque aff:-anchi des périls et des inquiétudes de la lntte, pro-
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