262 LA REVUE SOCIALISTE Les Révolutions ne dépendent pas des révolutionnaires, mais de l'obstacle opposé par les formes rigides du passé à l'évolution naturelle de la société. LC'sconservateurs inintelligents sont les ,rais fauteurs des Révolutions, parce qu'en s'opposant à l'éclosion des nécessités historiques ils déterminent l'éclatement brutal de toutes les entraYes gèn:rntes. Retournez-vous donc contre eux et flétrissez leur égoïsme plein de périls. Ce sont là" les exploiteurs qui échafaudent une candidature» sur les sentiments les pins bas de la nature humaine la cupidité et la peÛr, et« se font une rente» de la folle résistance aux flux qui les brisera. L'Angleterre n'a plus eu de révolutions depuis 1688 à cause de l"esprit de conciliation el de prudente concession qui règne chez les conservateurs. Le reproche discret qne l'on adresse à Malon ne nous paraît donc pas fondé. li ne s'agit pas de savoir si on est ou si on rùst pas partisan des moj-ens violents (car cela est de nul effet sur la réalité) mais seulement si on se place parmi les réformateurs de l'état économique ou social ou parmi les défenseurs des ioiq uités qu'il comporte. III. Telle n'est pas CPrtainement l'opinion de l\I. Spencer en ce qui conc<'rne la société actuelle. Pour ce pens€'nr éminent, la propriété individuelle (à l'excPption d€' celle du sol qu'il a combattun en des écrits antérieurs), la concurrence libre, la lutte de tous contre tous, la disparition des faibles et des vaincus, sont d'ordre naturel et conformes à la justice. Comment donc entend-il la Justice pour quïl y ait un tel désaccord entre lui et tant d'autres esprits? Xous suivrons encore ici l'analyse de !"écrivain de la Revue Philosophique: Le progri,s de l'espèce exige que les avantages obtenus soie11tproportionnels aux capacités - d'où le droit pour chaque individn d'agir librement, de faire valoir ses facultés et dejonir des fruits de son travail. c·est la loi de liberté. Mais les hommes viveut en société. Un nouvel élément intervient: li ne faut pas en effet qu'ils puissent s'.empêcher mutuellement de bénéfici~r de l'exercice de leur activité ; cctt€' néc€'ssité nouvel le exige une série de mesures restrictives de la liberté individuelle. Yoilà la seconde loi, la loi d"égalité qui restreint la première. De là se déduit la formule de la Justice: « Chacun « doit être libre de faire ce qu'il veut dans la mesure où il n'en-
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