La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

258 LA REVUE SOCIALISTE nous. - ?\Iais le plus important, c'est la valeur de l'argumentation très neuve dans certaines parties qui a servi a prouver que la concurrence économique est impuissante à assurer la justice, que la loi de l'offre et de la demande, aspect habituel sous lequel se présente la concurrence, est fort souvent en opposition complète avec l'idée de justice, que la Coopération sociale, c'est-àdire la production sociale substituée à la production individuelle, réalisP mieux ce concept. Et, ce qui est piquant, c'est que cette démonstration est fondée toute entière sur les prémisses posées par .\!.Herbert Spencer, dans son récent ouvrage: Justice, quatrième partie de ses principes de morale. Cette quatrième partie a élé écrite avant la troisième parce qu'elle contient la réfutation du socialisme, dont les progrès inqniéteut la vii>illesse du célèbre philosophe anglais, qui a craint d'être trahi par l'âge avant d'avoir donné le coup de gràce à ces pernicieuses théories. Il est probable qu'elles n'en mourront pas, car la parade a été prompte et la riposte hardie. La loi d'Eg(l,fe liberté, fondement du droit, d'où .\I. H. Spencer fait dériver son individualisme inflexible, parait au contraire impliquer pour .\I. Belot la justification théorique et la nécessité pratique du Socialisme . .\lais ces pages sont trop importantes pour que nous ne soyons pas tenté d'en reproduire les développements essentiels que l'on trouvera à la fin de cette courte étude. II. Ce sontd'abord deux adversairesdu socialisme venus de points opposés de l'horizon intellectuel qui exercent la sagacité de notre contradicteur d'hier, aujourd'hui presque notre allié. Tel .M. Callwein: Le Socialisme, ses principes fondamentaux et son impossibilité pratique.Ce dernier est un catholique fcn-ent qui maudit le socialisme sur le ton de l'anathome. Aussi n'est-il pas néce5saire de s·arrêter longtemps à son argumentation bonne pour la chaire tout au plus. Kotons une juste remarque de 1I. Belot à propos du socialisme chrétien : « On s'aperçoit bien << un peu tard et trop opportunément du socialisme renfermé « dans la religion chrétienne : on l'avait depuis longtemps tenu « soigneusement sous clef pour l'empêcher de sortir. » Le second est un écrivain anglais, M. Graham. Sa critique sérieuse, positive, appuyée sur les faits, admet cependan~ l'utilité, le bien-fondé ce certaines réformes, par exemple la réglementation du travail à condition qu'elle soit en rapport avec la variété des industries et accepte l'entreprise d'Etat qui pourrait

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