La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

REVt:E DES Ll\'RES 253 résumé d'histoire, de géographie et de littérature russes. On y trou\'era certainement d'excellentes raisons d'aimer le peul'le russe. d'estimer le~ Pouchkine, les Dortoïewsky, les Gogol. les Thernichewki, les Tolstoï,- et de ha\r les tzars, - depuis Rourikjusqu'à Alexandre Il. Robert BERNIER. La librairie Dentu \'Îent de publier la. Conversion d'André Sa.vena.y, « roman socialiste >, par Georges RE!'IARD,'-lue les lecteurs de la Revue Sociali,;te connaissent bien. C'est une belle et bonne œu,·re que le li n·e nouveau de notre distingué Cl)llaborateur. Ecrit dans une langue correcte et réser\'ée, ce récit d'une discrète et étroite idylle d'amour se déroule avec un intérêt très réel et très l'if. présentant tantôt un tableau saisissant, tantôt une scène émOu\'ante, constamment soutenu par un souffle de chariti- l'Îrile, un sentiment passionné de la justice. Voilà qui sort hardiment des histoires !scandaleuses et du langage brutal; c'est ce qui assure le succès de ce li\'rC. œune de pitié et de paix, roman d'honnêteté attrayante et, au premier chef. d'actualité. « Peu d'i-crirnins, dit :\1. :\lillerand, étaient aussi complètement a,·més que Georges Renard, pour mener à bien cette délicate entreprise : la résur~ection du roman à thèse.» Professeur à la Faculté des lettres de Lausanne, ?II. G. Renard est un ancien élève de notre Ecole normale supérieure. Littérateur, .il a donné. à. la ~Vouvelle Revue, des« croquis champêtres», et des articles de critique, remarqués. Ecri,·ain politique, il a publié (dans la Revue Socialiste d'abord et ensuite en volume) sur le socialisme, une étude qui a eu le plus légitime retentissement. Que ces mots « roman à thèse » n'effarouchent pas. d'ailleurs, les lecteurs et surtout les lectrices qui ont le légitime effroi de la pédanterie. Si le poète avait raison qui s'écriait: Yive le mélodrame où Margot a pleuré 1 la Conversiond'André Savenay est certaine de réussir. Je me trompe fort, en effet, ou plus d'une lectrice sentira ses yeux se ml)uiller à certaines pages de cette histoire d'amour. Car c'en est une, et la plus simple et la plus pénétrante du monde, contée a1·ec un art discret et sobre, qui provoque l'iimotion sans paraitre la chercher. Quant à l'idée socialiste, elle imprègne l'œu\'re tout entière. Ce sont les personnages qui se chargent, à. mesure que se déroule la trame du récit, de faire son apologie. Et dans quelle langue à la fois simple et éloquente. « Ce que je déteste, dit quelque part l'un d'eux, c'est l'argent de\'enu le but de la 1·ie et la mesure d11 mérite ! C'est sa majesté million del'enu le roi et le tyran de notre société. Etes-vous paune ? C'est le grand tentateur. Il vous invite aux courbettes; il use la fierté et la probité; il rnu~ enseigne l'hypocrisie, la fraude, le rnl , il fait des coureurs de dot et d'hé-

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