REVUE DES LIYRES 219 de )'Hérault. C'est )[ireur qui, le premier, chante )'Hymne de guerre de Rouget de Lis)'!, dans un banquet. à Marseille. Le 14 Juillet. lllireur assiste à la Fédération parisienne. Le 5 août, il est au camp de Compiègne, à la fois lieutenant de grenadiers. et chirurgien-major de son bataillo,1. Le 24 s~ptembre, il est à Al'esnes. JI assiste à l'affaire de Quaragnon, à la bataille de Jemmapes, à la prise de )[ons. Les lettres de Jllireur, que le liHe de Lombard contient, à ce propos, sont extrèmement curieuses. )Iireur est de ceux qui, avec Goguet. son ami, refusent d'obéir à Dumouriez, après la défaite de Xeerl'inden. Il assiste plus tard à la bataille de Fleurus. Il fait partie de Sambre-et-:\leuse, se bat à Ratisbonne aux côtés de l::lernadotte; à \Vurtzbourg. en compagnie de :'\ey; puis, à l'armée d'Italie. se signale par la prise de Gradisca. Il est général de brigade en 179i. Pendant l'expédition d'Egypte, il est tué peu après la prise d'Alexandrie. à Damanhour. Ce qu'il y a de remarquahle en la ,·ie de ce soldat, ce que l'on ressent à la lecture de ses lettres, c'est comme l'a noté fort justement Lombard, un profond amour de la Rérnlutioo. « souventes fois il soupire vers la paix, l'appelle ardemment mème au lendemain de la victoire. » On sent qu'il n'y a pas en lui le prétorien dont Bonaparte fera son séide. Il refuse par deux fois le généralat. De tels exemples n'ont pas été rares, en la grande période rholunaire. La jeunesse d'alors retrou,·e au fou des luttes civiles, ce que Jean Lombard appelle l'imagi11ation. un sentiment qui rendit les âmes vaillantes, sensitives, can,lides, chastes, qui les désindil'idualise pour les socialiser. Et là reparait le fervent ap,itre de rénorntion que fùt Lombard. Notre ami tant regretté, exprimait l'e,poir d.i voir notre jeunesse actuelle, méditer de tels exemples pour s'en inspirer - j'en ai la ferme c,>nviction, cette espi>rance se réalisera. - JI ne faudrait point juger nos générations sur quelques spécimens défectueux dont J\1. Barrès serait le moins avarié. La. Révolution, par )Lrnc-AMANIEUX1, rnl. - Paul ÜLLE:soon~·é.diteur. « Des ,·ers fortement frappés, tout ,•ibrants d'une noble ardeur rholutionnaire et tout imprégnés des plus nobles aspirations socialistes ,. ; en ces termes, l'œuvre de M. Marc Amanieux était appréciée, il y a quelques mois. par notre rédacteur en chef, et on ne saurait mieux dire. L'auteur du poème que ,·oici, est de ceux qui admirent la !{évolution « en bloc» qui ne séparent pas les acteurs de ce gigantesque drame. pour exalter les uns, lapider les autre~ - aussi nous présente-t-il tous les combattants de la grande épopée, sans aucun parti pris. Tour à tour, il évoque Vergniaud. Condorcet, Desmoulins. ~farat. Uanton. Robespierre. Saint-Just, Couthon. Carnot. Hoche, et il les montre liés par l'implacable logique révolutionnaire, qu'il personnifie en un héros. Carville, vigoureusement dépeint par ces vers :
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