' 1 221 LA REVUE SOCIALISTE que disent le" com:-nunistcs lorsqu'ils proclament la supériorité de la production socialiste ~ur la production bourgeoise. Si la (( p.1rticip3tio11 » des prolétaires à une faible partie de~ bénCficcs réalisés sur leurs labeurs en fait des travailleurs 1nodèlcs, à quels merveilleux résultats conduirait la<< plrticipation » des ouvriers à la totalite des béneficcs fruits de leur travail? Aux.. bourgeois de répo:idre. » UNE PAGE D'HISTOIRE RELIGIEUSE Les Religions del' Avenir, tel est le titre du très intéressant article de M. J. Darmesteter, paru dans la Revue Bleue du 9 janvier, dont nous détachons ce passage : « A la renaissance, avec l'éveil de la pensée scientifique, l'incompatibilité théorique des dogmes catholiques et la force nouvelle parut vite au jour. Il est pourtant pennis de croire que si l'Eglise avait pris moins peur, si elle l'avait accepte hardiment, on ne reut pas traitée dès l'abord en ennemie. le divorce serait resté dans la logique, sans passer dans celui des faits. L'Eglise pouvait laisser la terre tourner comme elle voulait autour du soleil, sans avoir rien à craindre ni pour la Bible, ni pour le confessionnal. La logique, toute-puissante dans rordre de la raison pure, est paresseuse dans l'ordre de la raison pratique; l'homme ne sait jamais au juste tout ce qu'il croit : il n,en prend conscienf·e que par l'oppression. Mais dès rinstant que l'Eglise jetait le gant :1. la pensCe scientifique et prctendait l'ctouffer sous le poids de ces affirmations non justifiecs, l'issue de la lutte etait peu douteuse, et le mystère du dogme, traîne au jour, ne pouvait longtemps supporter la lumière crue de rennemi. Tôt ou tard devaient ètre emportes, non seulement la Cosmogonie biblique, à laquelle 11Eglisc gratuitement attachait tant de prix, mais les dogmes essentiels du Christianisme mên1e, 1•incarnation, la rèsurrection. le mystère de la messe; bref, toute << la folie de la croix )). En France, la victoire de l'Eglise catholique sur le protestantisme hâta la chùte du Christianisme, en ne laissant en présence que les partis extrêmes et supprimant la transition que l'inconsequence heureuse des réformateurs avait mènagée entre la tradition chrétienne et la conception moderne; et Louis XIV, en révoquant l'edit de Nantes, revoqua le Christianisme même. » Il y aurait encore à citer dans cet article, dont nous sommescependant bien éloignés, d'admettre l'idée fondamentale. M. Darmesteter, en effet, après avoir justement affirmé pour notre époque le besoin d'une nouvelle éthique, estime la science, à quelques hauteurs qu'elle s'élève, impuissante à la faire jaillir de son sein et conclut que seule une rénovation de l'esprit religieux par le prophétisme pourra entrainer la nécessaire transformation morale. ADHÉSION IMPRÉVUE M. Hector Depasse publie dans la Nouvelle Revue (1•' janvier) un article dont quelques passages sont à reproduire. A ceux qui vont s'effrayant de la rapide extension du mouvement syndical et espèrent que dans un proche avenir sera révisée et mutilée la loi pourtant si anodine de 1884 sur les syndicats, M. Hector Depasse fait remarquer avec beaucoup de raison que « Il est bien chimêrique de penser que l'on se débarrassera des syndicats en annulant la loi, puisque la loi est venue, des besoins et des mce~rs et non les besoins et les n1ceurs, de la loi. »
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