RE\"UE DE LA PRESSE 223 -suite, rialiser devant les charges policières entre manifestants socialistes et simples votants, une égalité grosse de dangers, le gouvernement appellerait la loi à s0n aide pour avancer ou retarder le jour des élections municipales. 11n'a pas osé aller jusque-là et la protestation ouvrière et socialiste du premier mai ne pourra qu'y gagner, doublée qu'elle sera d'une imposante manifestation politique dans toute la France, Ce que doit être par suite la journée du 1•• Mai, Vaillant le précise ainsi dans le Parti Socialiste du 24 janvier : « li ne s'agit pas de faire passer sous les yeux de l'ennemi la revue des divisions, des rivalités de groupes et partis, mais au contraire de mobiliser dans une même armée toutes les forces prolétaires et socialistes françaises réunies par unt: même volonté d'unite d'action et de but, et venant, dans ce jour de renouvellement du pacte socialiste international, tcmoigner la puissance cties progrès grandissants de la France prolétaire et sociali!lte. Pour Vaillant, c'est au Secrétariat National du Travail qu'incombe la direction du mouvement : « En lui et dans la proportion désirée par tous prédomine la force et la volonté -0uvriere. par sa majorité syndicale. Par lui seul peut être donnec à la manifestation du lu Mai l'unité de direction qui en multiplie l'effet et le porte à son maximum. Ne croit-on pas, pour ne prendre qu·un exemple : que le mênle ordre du jour rCdigé par lui, vote à la m!me heure par les prolétaires et ~ocialistcs réunis dans toutes les communes de France, affirmant les revendications prolétaires et socialistes, condamnant le militarisme et jurant l'union socialiste internationale, n'aurait pas plus de poids et action que la somme de tous les efforts isolés, quels qu'ils soient et qui ne seraient pas coordonnés ? Il n'y a aucun doute. Au~si souhaitons-nous ardemment que les Bourses du Travail en leur prochain congrès, les groupes socialistes. les syndicats ouvriers, pour assurer l'unité d·action de la classe ouvriere et du parti socialiste, et a la manifestation du 1 .r i\lai toute sa valeur et tout son effet, oublient leurs préférences individuelles et laissent au Secrétariat du Travail, organe de tous et mandaté du l.ongrès de Bruxelles, le soin de préparer, pour un succès certain, le Ier Mai. » LA PARTICIPATION AUX BÉNÉFICES Dans le Socialiste, de Genève, un nouvel organe du Parti -socialiste-démocratique suisse, de toute récente apparition, auquel nous envoyons un fraternel salut, nous trouvons les réflexions suivantes relatives à la participation aux bénéfices que d'àucuns préconisent volontiers comme panacée aux douleurs des masses ouvrières : « L'ouvrier fait un marché de dupe. En s'attachant à n'employer dans la confection de son œuvre que le minimum de temps et de fournitures, en travaillant aux jours de _grève, en augmentant la durée et la productivité de son travail, il se prépare du chômage. Pour quelques francs gagnês au prix d'un labeur de nègre, les ouvriers qui font les intérêts patronaux ont appelé à eux les jours de disette. Ce que leur a valu une part des bénéfices réalisés sur leur travail, c'est d~s mois de misêre. La Bourgeoisie a de cruelles récompenses pour ceux qui la servent. La participation aux bcnéfices ne peut donc émanciper les travailleurs. Si elle leur ,donne momentanément un droit partiel au fruit de leur labeur, ce n'est que pour les •plonger ensuite plus ~ffamés! plus miséra_bles que jamais dans le gouffre des dcsiHusions avec la Révolution sociale comme unique planche de salut. Les vertus industrielles de la participation aux bcnéficcs viennent a l'appui de ce
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