LL'XDIS SOCIALISTES D'autres sont venus, tels Saint-Simon, Fourier, Robert Owen, Guyau, Fechner, Wundt, J. -S. Mill, Fauvety .. qui ont aj0ut~ aux matériaux d'attente de la morale solidariste de demain. Elle a non seulement trouvé sa formule, cette morale : mais aussi la loi de son évolution. En effet, ne peut-on pas poser en principe que, vu de haut. Je développement de l'humanité a pour point de départ la brutalité égoïstique s'épanouissant dans la nécessité de la lutte pour la vie. Les alternatives de victoire et de défaite dans le conflit des forces individuelles, amène lentement le moi féroce à la conception du 1101111oi, du moi d'autrui ; l'égalisation des forces conduit aux transactions, et à leur forme supérieure, l'associalio11pour la lu/le que la nature elle-même enseigne d'ailleurs, en en faisant souvent une condition de la conservation des espèces, non seulement animales, mais encore végétales. Dans cet état, il arrive que la sociabilité nait, se développe, que la sympathie se manifeste, que l'altruisme, bien faiblement il est vrai, fait son entrée dans le groupe organisé. C'est le premier stade. Plus tard, les différents groupes.en restant ennemis ou étrangers, arrivent à l'estime mutuelle ; alors les premiers germes de la solidarité humaine ont pris ~acine, il ne s'agit que de les cultiver. C'est le deuxième stade. Plus tard encore, et avant que le deuxième stade soit arrivé à sa complète réalisation, une conception supérieure de la vie nous montre l'humanité véritablement majeure rép.1rtissant d'une main équitable les devoirs et les droits, le travatil et le bien-étre entre tous ses enfants, compte tenu de leurs forces et de leurs besoins. Digne souveraine du Globe, elle verse sur toute vie le dictame de la bonté diminuant la souffrance universelle, épurant le bonheur,créant la justice et enseignant selon la parole de Tolstoï, que l'homme n'a qu'une mission sur la planète: l'amour et les bo1111œesuvres,et que la ·vie c'est /'a111oudra11sla vie co11111u11e, qu'elle n'est digne, cette vie humaine que lorsqu'elle ajoute quelque chose au bien accumulé p<1rles générations passées. C'est le troisième stade, l'ère de l'altruisme qui pourra fleurir quand aura brillé le jour de la civilisation socialiste. L'altruisme est ainsi la règle maîtresse des actions humaines et il n'est nul besoin de périlleuses affirmations mystiques ni d'abtrus concepts métaphysiques pour s'inspirer des principes suivants, d'aussi facile compréhension que d'universelle efficacité. Dans les relations sociales, la justice et la solidarité ; dans les relations individuelles, la sincérité et la bonté ; dans les relations, avec tous les êtres, les animaux compris, la modération et la pitié. Voilà qui suffit, croyons-nous, à montrer que dans le monde de
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