REVUE DE LA PRESSE suite, rfaliser devant les charges policières entre manifestants socialistes et simples votants, une égalité grosse de dangers, le gouvernement appellerait la loi à s0n aide pour avancer ou retarder le jour des élections municipales. Il n'a pas osé aller jusque-là et la protestation ouvrière et socialiste du premier mai ne pourra qu'y gagner, doublée qu'elle sera d'une imposante manifestation politique dans toute la France. Ce que doit être par suite la journée du 1" Mai, Vaillant le prédse ainsi dans le Parti Socialiste du 24 janvier : « 11 ne s·agit pas de faire passer sous les yeux de l'ennemi la revue des divisions, des rivalités de groupes et rartis, mais au contraire de 1nobiliser dans une mème armée toutes les forces prolétaires et socialistes françaises réunies par une mème volonté d'unite d'action et de but, et venant, dans ce jour de renouvellement du pacte socialiste international, tcmoigner la puissance et les progrès grandissants de la France prolétaire et sodali!>tc. Pour Vaillant, c'est au Secrétariat National du Travail qu'incombe la direction du mouvement : « En lui et dans la proportion désirée par tous prédomine la force et la volonté ouvrière. par sa majorité syndicale. Par lui seul peut être donnee à la manifestation du ,e, Mai l'unité de direction qui en multiplie reffet et le porte à son maximum. Ne croit-on pas, pour ne prendre qu'un exemple : que le même ordre du jour rédigé par lui, vote à la même heure par les prolétaires et socialistes réunis dans toutes les communes de France, affirmant les revendications prolétaires et socialistes, condamnant le militarisme et jurant l'union socialiste internationale, n'aurait pas plus de poids et action que la somme de tous les efforts isolés, quels qu"ils soient et qui ne seraient pas coordonnés ? Il n'y a aucun doute. Aussi souhaitons-nous ardemment que les Bourses du Travail en leur prochain congrès, les groupes socialistes. les syndicats ouvriers, pour assurer l'unité d'action de la classe ouvriere et du parti socialiste, et a la manifestation du 1•• ).lai toute sa valeur et tout son effet, oublient leurs préférences individuelles et laissent au Secrétariat du Travail, organe de tous et mandaté du Congrès de Bruxelles, le soin de préparer, pour un succès certain, le I e• Mai. » LA PARTICIPATION AUX BÉNÉFICES Dans le Socialiste, de Genève, un nouvel organe du Parti socialiste-démocratique suisse, de toute récente apparition, auquel nous envoyons un fraternel salut, nous trouvons les réflexions suivantes relatives à la participation aux bénéfices que d'aucuns préconisent volontiers comme panacée aux douleurs des masses ouvrières : « L'ouvrier fait un marché de dupe. En s'attachant à n'employer dans la confection -Oc son œuvre que le minimum de temps et de fournitures, en travaillant aux jours de .,grève, en augmentant la durée et la productivité de son travail, il se prépare du chômao-e. b Pour quelques francs gagnes au prix d'un labeur de nègre, les ouvriers qui font les intérêts patronaux ont appelé à eux les jours de disette. Ce que leur a valu une part des bénéfices réalisés sur leur travail, c'est drs mois de misère. La Bourgeoisie a de crue1lcs récompenses pour ceux qui la servent. La participation aux bcnéfices ne peut donc émanciper les travailleurs. Si elle leur <lonne momentanément un droit partiel au fruit de leur labeur, ce n'est que pour les plonger ensuite plus affames, plus misér~bles que jamais dans le gouffre des desillusions avec la Révolution sociale comme unique planche de salut. Les vertus industrielles de la participation aux bcnéfices viennent à l"appui de ce
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