La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

LA REYUE SOCIALISTE physiques sont :i.u:..int d·écueils_ où .se brisera toujours une th~orie d'~galitë absolue. Lai:i-sons donc plutot, pour le b1cn-etre des peuples, la production se devclopper et ne .gcnons pas la d1strib1.1tiondes richesses .. La liberte est assurément le meilleur guide. » ,< Néfastes, dangereuses pour l'ordre social » les doctrines socialistes: perpétuité de la misère, le bien-ètre relatif des peuples, réalisable seulement par l'absolue liberté dans les rapports économiques, autant d'affirmations de pure orthodoxie libérale. trop souvent répétées pour que nous nous y arrêtions. Nous ne les aurions même pas citées si elles ne nous avaient permis de signaler chez un adversaire une flagrante contradiction. Au sujet de la charité privée pour laquelle il a, ce qui est très normal, une préférence marquée, M. Jacquot écrira : « Malheureusement~ quelle que soit la bonne volonté de la charité privée, elle est aujourd'hui impuissante à secourir toutes les souffrances. » Or, comme le laisser faire est encore la dure loi du monde économique, point n'est besoin d'être un adepte des « utopies socialistes » non plus qu'un extraordinaire logicien pour dégager de l'aveu de M. Jacquot, cette conclusion : Qur cette fameuse liberté économique, de son vrai nom anarchie, en attendant de guider les peuples vers le bien-être, les réduit à une profonde misère, qui croît en raison directe de la puissance de l'exploitation capitaliste. PROTESTANTISME ET CATHOLICISME Dans le numéro de janvier de la Revue du Christianisme pratique, d'un article signé du pasteur Minault, nous extrayons les lignes suivantes, assez justement appréciatives du mouvement catholique social et des ambitieuses visées de ses protagonistes : « Certes, il est quelque peu stupéfiant pour un protestant de voir des catholiques réclamant, au nom de leur Eglise, et poursuivant l'affranchissement économique des travailleurs. Il ne serait pas diflicile sans doute de percer à jour tout cc qu'il y a d'équivoque dans cette libertC revendiquée par l'Eglise en faveur de l'ouvrier et hardiment offerte en son nom aux opprimés. Dans la guerre faite au libéralisme, il ne serait pas malaisé de dCmêler à côté de la noble indignation contre les abus du pouvoir d'une ploutocratie san~ frein} et de l'individualisme qui a pour devise : (< Chacun pour soi », la haine instinctive et traditionnelle du fanatisme ultramontain pour le legitime individualisme de la conscience voulant exercer ses droits imprescriptibles. On pourrait, au nom du passé que les catholiques<< corporatif:i )) ne dcsavouent jamais et qu'ils semblent plutôt glorifier, prouver que la liberté qu'ils réclament pour le peuple, c'est avant tout la liberté d'être conquis et possédé tout entier, corps et âme par « J'é"glise. » LES SOCIALISTES ET LE 1er MAI La manifestation socialiste et ouvrière des Huit heures coïncidant cette année avec le renouvellement des Conseils municipaux, d'aucuns pensaient que, placé en face du dilemme : - Laisser les travailleurs manifester paisiblement, ou sévir avec l'ordinaire brutalité, et, par

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