LA D~POP~LATIOS DE LA FRASC~ l :, Et le moyen d'évil<'r cette espèce de suicide? Suivez un pet1 Ja filière logique du phénomène. Pour vivre il faut qu<' le paysan retire de sa terr<' des produits suffisants; pour en retirer des produits suffisants il faut qu'il la cultive à l'aide des procédés supérieurs employés par les autres peupl<'s; pour la cultiver ainsi, il lui faut des machines; mais ses champs sont trop petits, trop divisés pour qu'il puisse faire à lui seul les frai: de ces instrument dispendieux. Le capitaliste est l,i, qui le lui loue, moyennant trihut. Qu'arrive-t-il? Grâce aux machines, le paysan emploie moins de bras à sa culture, d'où dépeuplement plus grand des campagnes au profit des villes, par suite de l'é,·iction d'un pins grand nombre de salariés ruraux ; d'où encore, dépopulation accélérée, le paysan se limitant plus strictement encor<', pour avoir moins de bouches à nourrir. Mais il a beau lulter, et geindre et pàtir. Le capitaliste le tient et ne le lâche pas. Une force invisible, insaisissable le domine. Ce n'est pas llli qui fixe le prix rl'.•mun(•rateur de ses produits. C'est le marché international; c'est la Bourse des agioteurs, des monopoleurs, des capitaux coalisés qui, à son gré, ouvre ou ferme les frontières, établit les tarifs de transports,fait tour à tour prédominer la demande sur l'oflre, l'olfre sur la demande. Quoi qu'il fa se et comment qu'il se retourne, c'est pour le roi de Pru se qu'il travaille, c'est-à-dire pour ~I. de Rothschild. Ce n'e t pas un socialiste qui l'a dit; c'est un maitre de l'économie µolitique ofllciellc, l\l. de i\Iolinari: << ~1algré l'énorme changement que cela suppose, les jours <lel'agricnlture individuelle sont comptés.» Yoihi pour la petite propriété foncière. Quand à la petite propriété mobilière, représentée par nos classes bourgeoises (commerçants, industriels, artisans) elle aussi, elle est marquée an front du signe de mort. Les industries, les commerces individuels ont déjà les plus grandes difficultés à vivre et à se maintenir contre la formidable concurrence des industries, des commerces à raison collective, concentrant de plus en plus, entre les mains de syndicats capitalistes puissants, le monopole général des afiàircs. La grande industrie, le grand commerce sont complètement absorbés par le capitalisme collectif. La petite industrie, le petit commc,rce sont en train de l'ètre à leur tour. A Paris, par exemple, la lutte entre les grands magasins et les petits est acharnée et meurtrière. ~lais les armes sont trop inégales entre
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