La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

SOt:TE~Et:RS ET SOIJTE~t:S 13 titude d'autres considérations très neuves et très profondes. Mais étudiez attentivement cette partie de l'ouvrage ; cela yaudra mieux qu'un résumé incolore. Voulez-vous des faits plus récents? Je les emprunte encore à l'Angleterre. Le système capitaliste plus fortement établi en ce pays qu'en tout autre a pu y développer largement toutes ses conséquences : La plupart des grèves avortées doivent leur échec à la concurrence des ouvriers sans travail qui viennent prendre la place des grévistes. On tr.:iuve toujours des malheureux ou bien embauchés à moitié prix, à des salaires de mort lente, ou bien jetés à la rue, les bras ballants. la faim au ventre, pour accourir, comme des corbeaux affamés, vers la proie tant convoitée du travail. La grande grève des chemins de fer écossais en janvier 1891 qui a duré huit semaines, la grève de Cardiff qui a suivi, ont dû leur insuccès au remplacement des grévistes par des bandes inoccupées venues de la campagne. Relisez cette correspondance d'Angleterre datée du 7 mars 1891 et que j'emprunte au journal la Justice ( 1). « Leurs mesures (des patrons) étaient prises. puisque des << listes avaient été dressées de gens, journaliers de la campagne, tout « disposés à \·enir pour un salaire moindre prendre la place des « dockers actuels. En vain, le grand agitateur, dont on retrouve tou- ,, jours l'action infatigable en chacun des conflits du travail, John « Burns, pressentant le danger, était parti pour mener une croisade « dan~ les campagnes, et reprenant l'œuvre de Joseph Arch, s'était << donné la tâche difficile d'enrôler les journaliers ruraux dans les ,, Trade's-U11io11s· et de faire ainsi disparaître cette réserve presque « illi111itée de bras qui s'offre sur le marché à des prix dérisoires, John Burns s'était vu devancer par le clergé rural, complice des patrons, « et n'avait pu empêcher la défection des ouvriers des campagnes au " détriment de leurs frères des grandes villes.)) Remarquez en passant le rôle du clergé : Plat serviteur des puissances les moins respectables de ce monde, avocat d'office de tous les despotismes, le plus dangereux ennemi d.:s faibles et des petits, agent hypocrite et doucereux d'asservissement économique et moral, il joue presque partout en faveur de l'exploitation capitaliste le rôle « d'une ~e11darnieriesacrée)>. selon le mot de Napoléon I" à propos du clergé catholique (2). On cite bien de très nobles et très louables exceptions. Mais tel est l'esprit du clergé et de tous les clergés pris en bloc. L'existence parmi les campagnes anglaises d'une réserve de misérables chercheurs de travail, est parfaitement décrite et signalée dans un excellent article publié dans I'Associalio11Catbolique (3) touchant la ( 1) j11slice du 9 mars 189!. (2) Voir 7?...ev11e d s 'Deux-lvfo,idts, ,e• mai 1891, l'article de M, Taine sur la reconstruction de la France contemporaine. (;) A,soàalioii Catholique du 15 avril, 1891.

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