La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

DU GOU\'ER'.'\E~!E'.'\T DANS LA DfafOCRATIE 159 desquelles toutes les questions étaient tranchées par l'Assemblée générale dos hommes réunis sur la place publique ou dans l'église. Pour los villes, l'administration ne peut se faire que par le moyen de délégués élus, mais il est bon d'étahlir le Référendum t!n matière financière. On complètera cette œuvre de liberté administrative, en rétablissant dans les villages l'antique propriété collective (Allmend do la Suisse et de l'Allemagné méridionale), de façon à prévenir l'extrême ,inégalité des conditions qui a toujours été et est encore, l'écueil le plus redoutable de la Démocratie. La grave question des rapports des Eglises et do l'Etat est étudiée à fond dans plusieurs chapitres. Le principe de la séparation tend à prévaloir de plus en pins et deviendra la règle générale. :\Ialgré les grands avantages de ce système, l'auteur du Gouve1·nement de la Démocratie craint cependant que, sous un tel régime, l'esprit de domination de l'Eglise catholique ne provoque encore bien des conflits et bien des agitations. Dans cette question comme dans tant d'autres, c'est la solution libérale qui est prétérable et qui assure, en somme, le plus grand .avantage social. Les Libertés nécessaires, scion le mot si juste du peu sympathique M. Thiers, constituent le fondement essentiel de tout gouvernement démocratique. La Liberté de la presse, malgré l'abus qu'on en peut faire, est pour los citoyens la meilleure garantie contre les malversations, les corruptions, les excès de pouvoir du gouvernement et de ses agents. :\lais la plus nécessaire, la plus sacrée de toutes est la liberté indivi- <luelle, malheureusement si peu respectée en France. Ecoutons à ce sujet les sévères paroles du savant professeur, et espérons -quo notre vanité et notre routine françaises en seront quelque peu corrigées. « Chose étrange, la France qui a fait de si prodi- << gieux efforts pour extirper de son sol tous los despotismes, n'a {< jamais joui pleinement d'aucune liberté, et los droits des « citoyens ont toujours été à la merci de l'arbitraire des agents ~ du pouvoir ...... La liberté n'exclut pas l'action répressive c de la justice, mais elle n'admet pas l'action préventive de la c police. Or, c'est celle-ci qui, jusqu'en ces derniers temps, a -« dominé en France ...... Depuis que la République est procla- " mée en France, le système des mesures arbitraires n'a pas été « abandonné, il s'en faut. ..... Pour mettre un terme à ce « régime, il faut faire comme les Anglais, déclarer les fonction- « naires responsables de toute mesure illégale, qu'ils aient ou « non obéi à des ordres supérieurs. La résistance à l'arbitraire, « même par la force, est considérée en Angleterre comme par- -« faitement légale, et s'il en résulte mort d'homme, c'est un

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