La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

MOUVE1!E1'T SOCIAL EN FRANCE ET A L'J'.:TRANGER 109 ministres eux-mêmes s'aperçoivent bien qu'ils devront accepter le Suffrage Universel, C'omme ils ont accepté la Révision de la Constitution, contraints et forcés par " l'agitation de la rue", comme l'avouait sans ambages, tout récemment, le Couri·ier <le Bruxelles organe ultramontain. Nous savons bien d'ailleurs que tous les progrès effectués par nos idées ont été enlevés à la force du poignet; c'était sous la menace des manifestations. des meetings, des grèves que nos classes dirigeantes marchent. l\laintcnant que le pays est relativement tranquille parce que le ralliement de tous se fait, lentement et sùrement, aux idées que les socialistes ont été seuls à défendre pendant longtemps, le ministre de 11ntérieur a fait décider par la Chambre que son budget serait voté avant la discussion de la Révision. C'est un retard de quelques jours, peu important en luimème, qui nous montre cependant qu'il n'y a pas à se reposer un instant. L'impulsion donnée par le Landclag de Gand se fera bientôt sentir, et nos efforts seront décuplés maintenant que nous avons un grand journal à 5 ce11times, Le Peuple, orp:ane officiel du Parti ouvrier. un petit journal populaire à 2 centimes, !'Echo du Peuple et que les frères Defuisscaux out fait paraitre le 27 décembre un grand journal à 5 centimes le Su(- /'rage U1iive1·sel qui défendra aussi le programme du Parti ouvrier. Ce n'est pas sans peine que nous pourrons triompher. La réaction emploie contre nous toutes les armes à sa disposition. Mais la satisfaction sera en proportion des efforts effectués quand poindra l'aurore du jour où nous aurons atteint notre premier but. Ero. HExRro~. l'i' ous ne voulons pas terminer ce bulletin sans saluer encore une fois le premier Congrès international d'étudiants socialistes, saus signaler à l'attention publiqtrn l'hospitalité écossaise si libéralement offerte aux congressistes par la Maison du Peuple et le suggestif accueil qui leur avait été réservé par le Parti Ouvrier. L'élite intellectuelle de toutes les Universités d'Europe, hormis celles d'Allemagne, a tenu à honneur de se faire représenter au Congrès de Bruxelles, et a prouvé que le parti des inutiles et des égoïstes ne pouvait être le parti de la jeu cesse et de l'ouvrier. Et indépendamment de ceux qui sympathisent ouvertement aYec cette marche en avant du Socialisme, combien de craintifs et de timides n'osent se montrer, mais soutiennent de leurs vœux l'évolution qui termine cette fin de siècle, espérant que le Socialisme c'est la délivrance, c'est la réalisation des rêves de justice, de vérité, de beauté et de bonté. Adrien YEBER.

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