108 LA REVUE SOCIALISTE tière d'Evère pour déposer quelques fleurs sur la tombe de celui qui fut le père du Parti Ouvrier Belge. Le 25 Décembre, jour de la Noël, a été tenu à Gand, un « landdag » - mot flamand composé de« dag » jour, et« land» pays, c'est-à-dire ui:ijour où tout le pays se réunit en un endroit indiqué - de tous les partisans du Suffrage Universel. Toutes les grandes et les petites villes de la Belgique flamande, toutes les communes import.antes étaient représentées par des socialistes, des progressi tes, des libéraux, des flamingants (le parti autonomiste qui poursuit l'égalité complète des deux langues parlées en Belgiqu<', au point de vue gouvernemental) tous partisans ùu Suffrage Universel. L'assistance était si nombreuse qu'il a fallu scind<'r le« Landdag », en deux parties qui ont tenu séance dans les deux plus grandes salles de la ville de Gand, sous la présidence de nos amis Ansele au « Yalentino » et Yan Beveren, à la cc Concorrlia ». Les deux assemblées ont acclamé avec enthousiasme la résolution suivante : • Considérant que le droit do prendre part au gouvernement du pays est pour tous les Belges un droit naturel et imprescriptible ; Consi<lërant que la Constitution déclare que tou3 les Belges sont égaux et que tous les pouvoirs émanent de la nation ; Considérant que le régime du cens <'Onsacreune iniqui!R et est en contrarlirtion avec l'esprit rie la Constitution ; Le Landdag exige : La révision imm(ltliate de l'article 47 de la Constitution et l'octroi dn droit uni,•e1sel à tous l•·s Belges indistinctement âgés de vingt et un ans au moins; Déclare: Que les groupes représentés useront, lors des élections prochaines à la Con~tituante, de toute leur influence pour faire triompher partout les candidats rlu sutrmge universel ; S'a•socie aux légitimes revendications des femmes, Et renouvelle le serment prononcé le 15 août 1890, au parc de SaintGilles, de ne eon11alti·eni trêve ni repos avant d'avoir conquis le d1·oit populaire. • Une réunion pnvee a été tenue ensuite: les délégués ont examiné et voté les mesures à prendre pour l'organisation en commun d'une propagande intense pour le suffrage universel. Devant l'énergie montrée par la partie industrielle et wallonne du pays, devant la volonté arrêtée que lui signifie la partie flamande sur laquelle il s'appuie le plus, le ministère clérical ne pourra que faire voter la révision par sa majorité, quoique certains membres aient des vélléités de regimber et que les
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