La Revue socialiste - 1891 - Tome XIV - vol 02

MOUVEMENT SOCIAL EN FRANCE ET A L'ÉTRANGER 743 talion croissante des Compagnies houillères. Des bulletins de vote porta11t l'un : travail, l'autre: grève generale, avaient été distribués. La majorité de::; suffrages exprimés se prononça pour la cessation du travail, laquelle eut lieu après la constatation dûment notifiée du refus des employeurs de céder aux revendications suivantes fo!'mulées par le Congrès régional de Lens: l' Répartition plus Pquitable des salaires; 2' une moyenne de 5 fr. 50 par jour; 3' 1·éot·ganisation des caisses de 1·etraite et de secours ; 4• huit heures de travail; 5· réintégration des ouvriet·s congédiés pour faits de grève ou pour organisation du syndicat; 6' engagement pris pat· les compagnies pour ne plus congédier dorénavant les ouvriers pou1· g1·èves ou faits connexes. Les délégués avaient décidé en outre: 1' De demander au ministre des travaux publics de retirec les circulaires obligeant les délégués mineurs à descendre dans les mines à des heures fixes « ce qui nuit au contrôle », et au ministre du commerce de faire respecter la loi sui· la durée du trnvail des enfants, « car certaines compagnies forcent les enfants à travailler douze et quinze heures par jour n ; 2' D'inviter le gouvernement à réclamer Je vote immédiat du projet de loi Bovier-Lapierre, et de la proposition sut· les caisses de retraites et de - secours. Aussitôt la grève généi-ale déclarée, Basly, dont l'attitude a été, en la circonstance, au-dessus de tout éloge, revint à Paris porter la question devant la Chambre. Il démontra : 1° L'union des Compagnies se syndiquant pour la résistancG politique el économique en un cc Comité des Jlouillères »; 2° L'enlèlement intéressé des Compagnies à provoquer d'abord des grèves partielles, puis à faire écla Ler la grève générale ; 3° L'octroi des maurnis travaux aux ouvriers syndiqués el des parties avantageuses à ceux qui ne -réclamenljamais; 4° l'insuffisance des salaires dûe à ce que les porteurs d'action, au lieu de se contenter de leul's dividendes, ont fait des spéculations malheureuses; 5° Le renvoi d'ouvriers sans aucune !'estilulion de leurs versements à la caisse de secours et de retraites; 6° L'accord Lrès-rare d'indemnités sur le seul el unique avis du médecin de la Compagnie; 7° La mise à la charge de la Caisse de Secours de frais religieux et autres qui ne la concernent en aucune façon; 8° L'oubli profond dans lequel gisaient les pl'ojels de loi sur l'arbitl'age, sur les Syndicats et sur les Caisses de retraites et de secours. Comme conclusion à son éloquent discours opposant la solidarité des ouvriers a la solidarité patronale, Basly proposa un ordre du jour qui ne fut même pas discuté : M. Yves Guyot répliqua en statisticien qui file par la tangente et promit vaguement de coopérer à hâter la discus~ion des-lois

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