CORRESPONDANCE 741 -régiment? Ce sont des déductions absurdes. Oui, j'en conviens, mais parce que les prémisses étaient fausses. Chacun doit pendant la durée de son service, dépenser toute son intelligence et toutes ses forces en vue seulement d'un but bien déterminé, et .s'il est nécessaire qu'un ouvrier d'art entretienne son habileté professionnelle, l'activité qu'il déploie ne doit, du moins, s'appli- ,quer que tout à fait exceptionnellement ,t des travaux d'une valeur marchande. Est-ce bien à un socialiste, qui comme vous préconise la formation de grandes armées industrielles pour entreprendre de vastes travaux de défrichement et de viabilité, de protester contre les abus sigualés ci-dessus? Certainement. Qui donü a prétendu que ces armées ne seraient pas rétribuées et qu'elles feraient concurrence aux travailleurs non enregimentés? Payez les travailleurs militaires au prix de la série de la Place à laquelle ils appartiennent, déduction faite de leur entretien, et une partie des objections s'évanouira. Mais répliquera-t-on encore, la rareté de la main-d'œuvre -dans les régions où s'exécutent les travaux de construction de routes, obligerait à renoncer à les entreprendre si on ne les confiait à des militaires, ou .du moins amènerait à les concéder à des •entrepreneurs n'employant que des ouvriers étrangers fort mal rétribués. Ceci est une autre question. Disons seulement que nuus sommes persuadés que si nos règlements, si nos ingénieurs militaires témoignaient moins de Mfiance envers les syndicats ouvriers,on évincerait sans peine les gros entrepreneurs,et peut- -être trouverait-on aussi moyen d'atténuer les effets de chomages désastreux. La conclusion de ce qui précède, est qu'il serait urgent de poursuivre la suppression de l'emploi de la main-d'œuvre militaire et, comme conséquence, la r6duction d.ela durée du service .à deux années. Permettez-moi d'ajouter un mot, pour vous exprimer ma .satisfaction de voir la Revue Socialiste s'attacher, en la personne du Major Girard, un distingué collaborateur qui par sa haute compétence sera plus à même que qui que ce soit de traiter les questions militaires, si intimement liées parfois aux questions sociales. Veuillez agréer, Monsieur le Rédacteuren chef, l'assurance de ma considération la plus distinguée. G. G. Abonné à la Revue socialiste 2ô Octobre 1891.
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