La Revue socialiste - 1891 - Tome XIV - vol 02

i2-1 LA REVUE SOCIALISTE conception de la solidarité physique dans le mariage et lui donnetoute sa signification, c'ost la connaissance de ce que nous avons appelé la loi d'organisation dont nous avons tiré l'explication du phénomène de l'hérédité absolument comme uous en faisons le mécanisme et l'explication de l'habitude qu'elle soit physique ou physiologique ou intellectuelle et morale. Du moment, en effet, où une modification quelconque de l'organisme tend à se répéter d'autant plm: facilement, à se fixer d'autant plus solidement, à s'organiser plus profondément qu'elle se répète davantage, il s·en suit logiquement que nous ne devons jamais considérer comme indifférente dans ses conséquences, même l'action la plus banale de notre vie, puisque cette action, si nous la répétons, peut devenir le point de départ d'une habitude difficile à combattre et plus tard d"une vôritable organisation irrémédiable. Qui ne verrait là l'explication aussi simple que naturelle d'une foule de problème~ de notre vie courante, concernant notre tendance constante à retomber toujours dans les mômes fautes, les mômes travers, à subir toujours les mêmes influences physiques, morales et pathologiques; n ·est-ee pas là la preuve démonstrative et suggestive que nous sommes réellement les instruments de nos maux comme de nos bonheurs? Ne trouvonsnous pas là la meilleure notion de notre responsabilité envers 11ous-mêmes comme envers les nùtres et envers la société toute entière. N'y a-t-il pas là des horizons nouveaux ouverts à notre réflexion sur ,wtre rôle dans l'éducation de nos enfants par notre exemple, comme par notre enseignement, non moins que par notre influence héréditaire 1 La notion toute expérimentale, toute scientifique de la solidarité physique dans la famille, n·est-elle pas le meilleur code du mariage en môme temps qu'elle en est la plus grande, la plus belle et la plus profonde moralisation 1 V. LA SOLIDARITÉ PHYSIQUE DANS LA FA~IILLE PAR LE FAIT DU MILIEU FAJ\IILIAL, La solidarité ne dépend pas seulement dans la famille de l'hérédité et de la contagion morbides: le m,ilieu familial joue un rùle considérable dans l'évolution de l'individu, au point quenous pourrions dire que la vie étroite en famille est pour ainsi dire la continuation de la vie utérine et contribue dans une-

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