La Revue socialiste - 1891 - Tome XIV - vol 02

SOLIDA Rrs;,,m SOCIAL 723 dre la vraie notion de solidarité qui confond tous les intérêts particuliers dans l'intérêt commun. Il y a là.une nouvelle orientation de la moralité publique pleine d0 enseignements autant que d'encouragements: à juger d'après ce qui a déjà. été obtenu -dans cette voie, on peut bi~n augurer de ce qui se fera. Cc n'est point seulement à la tuberculose qne s'arrêtent la conception publiqne de solidarité physique, mais bien à la contagion en·general: nous assistons même à ce ]Jhénomène fort significatif d'un véritable débordement de crainte de la contagion: c'est au point que le Docteur Dauchez a cru devoir porter la question devant la Société de Médecine pratique de Paris et signaler l'apparition d'une monomanie nouvelle: la monomanie de la peur de la contagion qui peut aller jusqu'à empê- ·Cher une mère de soigner son enfant. Il y a là une porte ouverte à.des excès qu'il faut savoir prévenir par une plus saine interprétation des conditions de la contagion. Autant il est sage de prendre des précautions en cas de danger constaté, auta11t il deviendrait puéril et chimérique de v0uloir prétendre se mettre absolument ù l'abri de tout danger possible de contagion. :Kous ne pouvons signaler ici tous les cas de solidarité physique dans le mariage, l'important, croyons-nous, est d'attirer l'attention sur ces faits de façon que chacun en fasse son profit en ce qui le concerne. Cependant, nous no voulons pas terminer cette revue pathologique du mariage sans faire bien ressortir que nous pourrions retrouver ceUc lui de solidarité même dans la plupart des états physiologiques et pathologiques ordinairement considérés comme indifférent d'un époux à l'autre. C'est ainsi, par exemple, qu'à. première vue, on ne voit pas bien quelle réaction peut entrainer sur la santé de la femme certaines habitudes du mari comme l'usage <ln tabac, des boissons alcooliques, l'abus des plaisirs de la table, etc. Eh bien, cependant, la solidarité existe ici et se manifeste parfois d'une façon évidente, soit que la femme contracte les mèmes habitudes et en subisse tous les inconvénients, soit qu'elle en soit victime de toute autre façon. Nous avons pu constater souvent les dangers de la similitude de tempérament, de goût::1,non seulement au point de vue des enfants en raison .de ce que nous appelons l' heredité accwnulée, mais au point de vue de l'entraînement que se donnent mutuellement les conjoints à se laisser aller aux mêmes errements d'où résultent rapidement tous les inconvénients propres à leurs naturels: c'est ainsi que nous avons souvent ren- ~ontré le diabète à deux, la polysarcée conjuguée, sans parler des névropathies pour lesquelles on peut encore invoquer l'imitation et la contagion morale. Mais ce qui éclaire surtout cette

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