SOLIDARISME SOCIAL 721 taies sur les yeux, paralysies et contractures, etc.), des maladies (lymphatisme hérédo~syphilitique, scrofule syphilitique (scrofulate de vérole de Riccord), gommes diverses, des os, des viscères, du cerveau, etc.); si on pouvait faire le relevé du budget de la vérole (dépenses et incapacités de toutes sortes) dans la famille d'abord et dans la société (charges sociales qui en résultent et pertes de forces vives, etc.), on saisirait alors toute l'importance d'un pareil' sujet: mais cette statistique est tout à fait impossible et il n'y a guère que les médecins qui peuvent soupçonner toute l'étendue de cette plaie sociale, de cette cause de dégénérescence physique et morale d'une race. Or, peut-on nier que la syphilis, par ses dangers de contagion, par sa transmission héréditaire établit une solidarité étroite entre les membres d'une même famille: n'est-ce pas là nn exemple frappant de ce qu'est cette loi de solidarité organique qui nous enchaîne les uns les autres, bon gré malgré,et 11ousmontre l'intérêt que nous avons à nous pré:server nous-même en préservant les autres: toute la question de la solidarité est là: plus nous l'approfondirons, plus nous comprendrons que notre intérêt personnel est plus ou moins solidaire d'un intérêt corrélatif de nos semblables. Il est 'en effet très remarquable que l'expérience nous fait découvrir chaque jour· des preuves de cette étroite solidarité qui enchaine toute notre conduite dans un rt'•seau do connexion.-; et conséquences dont nous ne pouvions nous douter avant qu'une observation scientifique ne nous en eût montré la véritable genèse. C'est ainsi que les progrès récents en gynécologie sont venus nous éclairer sur la vraie cause d'une foule de souffrances, infirmités et décès de jeunes femmes qui sont les victimes innoceutes de restes négligés ou ignoré~ de vieilles blennorrhagies: nous connaissons plusieurs jeunes femmes qui resteront ainsi à. moitié infirmes pour toute leur vie après avoir souffert atrocement pendant deux ou trois ans ; nous nous rappelons entre autres, li'!cas d'une malheureuse ainsi atteinte de pelvipéritonite qui a duré deux ans et dont l'enfant fut atteint d'une double ophthalmie purulente de même origine blennorrhagique avec d'horribles taies consécutives incurables. C'est au point que, dans le monde médical, on a de la tendance actuellement à voir dans la syphilis et surtout dans la blennorrhagie la cause de presque toutes les inflammations et complications utérines et périntérines: ce qui n'a rien d'improbable si on réfléchit à la fréquence de ces maladies dans les milieux ou les « accidents de jeunesse>> sont la règle, et à leur rareté, malgré l'absence de soins les plus élémentaires, dans les milieux ou ces accidents sont l'exception. 46
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