La Revue socialiste - 1891 - Tome XIV - vol 02

720 LA REVUE SOCIALISTE points importants et que la loi oblige les médecins à se taire dans de semblables occurences, sous prétexte de secret professionnel, comme si la loi ne devait pas s'occuper de protéger la société. de défendre la famille contre le criminel capable de transgresser la défense de son médecin, et de ne pas hésiter à contaminer une malheueeuse jeune fille dont il ambitionne la dot et à laquelle il va communiquer le germe d'une maladie souvent plus terribleque la mort. Il faut avoir lu Syphilis dans le mariage du professeur A. Fournier, il faut avoir vu soi-même de jeunes misérables refuser d'obéir aux plus solennelles objurgations, il faut avoir eu à souffrir de se sentir condamné au silence par cette terrible loi pour comprendre tout ce qu'elle a de monstrueux; il faut enfin avoir élé témoin des regrets, du désespoir de quelques-uns de ces misérables quand ils assistent eux-mêmes à la réalisation des conséqneoces de leur conduite, 4.uand ils constatent l'impossibilité d'avoir des enfants ou quand ils les voient toujours malades et mourir successivement de la même façon; quand, enfin, éclairés par le spectacle des désastres qu'ils ont accumulé sur leur route, ils commencent à réfléchir et à comprendre ce qui les attend eux-mêmes: alors ils so11tles premiers à. trouver inhumaine cette fameuse loi dn secret professionnel qui s'est trouvée, en rt':alité, être la vraie cause de leurs malheurs. Sans doute, on peut invoquer à titre d'atténuation, qu'unesyphilis ancienne du mari ne se communique ordinairement pas à la femme; on peut même citer des exemples qui prouvent que la transmission héréditaire aux enfants n'est pas constante: aussi ne s'agit-il pas de prétendre qu'aucun syphilitique ne peut se marier, mais simplement de bien établir que la syphilis dans le mariage mérite la plus graude circonspection si on veut se mettre à l'abri de suites souvent terribles. Il est juste, du reste, de reconnaître qu'il suffit la plupart du temps d'attirer l'atteution des familles ignorantes de ces dangers pour les voir prendre aussitôt les plus grandes précautions. Nous ne pouvons insisterici sur une foule de considérations intéressantes, nous voulons seulement montrer l'importance énorme, au point de vue de la famille, comme au point de vue de la société, d'une simple tare pathologique, que l'instinct populaire a stigmatisé depuis longtemps sous le nom de « maladies honteuses >>, exprimant ainsi très nettement la répulsion qu'elles doivent inspirer. Si on pouvait connaitre le nombre des avortements,des morts-nés, des morts prématurées par accidents divers, hérédo-syphilitiques, (méningites, convulsions, faiblesse congénitale, athrepsie syphilitique, rachitisme, etc.), des infirmités (surdi-mutité, cœcité,.

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